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Mur de l'Atlantique - Batteries lourdes sur le toit de l'Europe

* MKB Kiberg et Mestersand dans le nord de la Norvège *

 

Quand les Allemands attaquent l'URSS le 22 juin 1941, un front immense s'ouvre au cœur de l'Europe. Il va s'étendre de la mer Noire et de l'Ukraine au sud aux rivages de la mer de Barents au nord. Là, dans ces contrées nordiques, massées derrière la frontière entre la Norvège et la Finlande, les troupes du général Dietl – le vaincu de Narvik – sont prêtes à s'élancer vers leur objectif prioritaire en territoire russe : Mourmansk. C'est une importante agglomération portuaire et industrielle du nord de la Russie qui constitue une base logistique essentielle pour les armées russes. Sa possession par les Allemands serait donc un atout de premier ordre dans le cadre des plans d'Hitler d'invasion de l'URSS.

Mais alors qu'ailleurs les forces allemandes enfoncent profondément les défenses soviétiques, sur le front nord la résistance des Russes est telle que les Allemands n'iront pas au-delà d'une centaine de kilomètres en territoire finlandais et Mourmansk restera un rêve inaccessible. Le front va donc se stabiliser pendant trois ans de part et d’autre de la vallée de la Litsa, malgré attaques et contre-attaques successives, et les Allemands vont s'enterrer – au propre et au figuré – dans le sol finlandais. Pour ravitailler ce front, les Allemands n'ont d'autre solution que d'utiliser le port de Kirkenes, dernière agglomération portuaire norvégienne avant la frontière. Les rares ports plus à l'est ont des capacités insuffisantes et sont, de toute façon, sous le feu des canons russes.

Kirkenes est situé au fond du Bøkfjord qui débouche au nord dans le vaste fjord de Varanger puis la mer de Barents. Le fjord de Varanger permet donc l'accès non seulement à Kirkenes mais aussi à nombre d'installations et de voies de communication allemandes du grand nord norvégien. Parmi ces installations, l'aérodrome de Kirkenes-Høybuktmoen, l'un des rares dans ces contrées, n'est pas la moindre. Il possède deux pistes, de 1000 et 1200 mètres, et un effectif allant jusqu'à 3000 hommes.

Le fjord de Varanger est un immense doigt de gant, large de 55 kilomètres à son ouverture, qui s'enfonce sur 90 kilomètres vers le sud-ouest. A mi-distance, sa largeur se rétrécit à 12 kilomètres. Le contrôle de cette voie maritime est donc capital pour les Allemands et pour l'approvisionnement de leurs troupes. Il le sera aussi au moment de leur repli en 1944. La défense de ce fjord est donc un impératif pour les Allemands.

Dès 1941 les rives du fjord de Varanger vont être garnies par une enfilade de batteries côtières allant du 75 au 280 mm. Sur la côte nord : Vardø-Nord (4 x 10,5 cm), Vardø-centre (3 x 21 cm), Vardø-Sud (4 x 8,8 cm), Kiberg (3 x 28 cm), Kvalneset (4 x 10,5 cm), Ekkerøy (2 x 21 cm), Vadsø-Kiby (3 x 13 cm), Vadsøya (4 x 14,5 cm). Sur la côte sud : Bugøynes (4 x 10,5 cm), Buholmen (4 x 7,5 cm), Høybukt (4 x 7,5 cm), Kirkenes (4 x 15 cm), Bøkfjord-Rödberg (LT), Guldsmedvika (3 x 21 cm puis 4 x 10,5 cm), Bøkfjord Fyr (4 x 10,5 cm), Mestersand (4 x 24 cm).

C'est des deux batteries les plus puissantes du secteur qu'il va être question ici.

La MKB 3/515 Kiberg

Elle est située sur la rive nord et face à l'entrée du fjord de Varanger, grande ouverte sur le large. C'est à proximité de la petite localité de Kiberg, à 10 km au sud de Vardø, sur le promontoire de Kibergsfjellet, qu'a été installée en juin 1941 la 3/513. Elle n'était vraiment opérationnelle qu'en septembre 1942, des travaux considérables expliquant ce délai.

Le site, immense, est un plateau de 2,5 km d’ouest en est et 2 km du nord au sud qui culmine aux cotes 92 et 116 et dont le centre et l’est sont occupés par les nombreux ouvrages de la batterie. C’est donc un extraordinaire balcon naturel sur le fjord de Varanger, les Allemands ayant en outre bénéficié des quelques avantages portuaires tout proches de la bourgade de Kiberg. D’une extrémité à l’autre de la batterie les distances sont importantes soit près de 2 km en moyenne [1]. L’accès des lieux est libre, au moins jusqu’à présent [2].

En gros, on y distingue trois grands secteurs :

le flanc sud avec la route d’accès depuis Kiberg et ses défenses,
le plateau supérieur avec le PDT, la Flak, etc.,
le plateau inférieur avec les plates-formes d’artillerie et les défenses périphériques.

Le flanc sud

La piste qui s’élève du village vers le plateau, principal accès à la batterie, décrit successivement une boucle et un lacet. Elle était sous le feu défensif de plusieurs organes, restés intacts jusqu'à nos jours :

un bunker R 620 avec ses plaques blindées d’embrasure (7),
un abri pour Pak R 701 et sa plate-forme de tir circulaire (6),
un ouvrage souterrain à deux entrées, matériels et personnel, avec abri pour Pak et petit casernement, pourvu de sa plate-forme de tir circulaire (H3),
entre ces deux derniers ouvrages, s'ouvre un souterrain non bétonné, à deux entrées, deux branches et une issue à proximité du R 701, longueur totale 90 m (H2),
à quelques mètres à l'est du lacet de la "route", s'étend en souterrain le vaste dépôt de munitions principal, comportant trois entrées, trois alvéoles de 30 x 5 m et une de 12 x 5 m, au sol bétonné mais le reste en pleine roche, galeries avant et arrière, développement total environ 130 m (H1),

Le plateau supérieur

Dominant de la cote 116 l'ensemble du site et visible de loin, le PDT (1), un Regelbau type M 178, survit tant bien que mal mais demeure entier malgré quelques dégâts à l'intérieur et un mauvais état général. Il possède un accès à l'arrière et un autre, inférieur, en souterrain (H6). Il possède aussi en toiture une cuve circulaire pour télémètre en lieu et place de l'habituelle cuve carrée sous toiture en béton.

Aux alentours, on trouve :

à environ 100 m à l'arrière du PDT, un mur circulaire en maçonnerie ayant abrité un radar Freya (13), (un autre radar, du type Wassermann, était en service sur l'une des hauteurs de Domen, au nord de la batterie, mais il n'en reste que peu de traces),
un bloc R 701 pour Pak auquel est accolé un tobrouk, et sa plate-forme circulaire de tir (12),
au nord et au sud-ouest du même plateau, de nombreuses défenses d'infanterie : tranchées, tobrouks (dont deux Rs 206 pour mortier de 5 cm), emplacements de Flak et de Pak, etc. (8, 9, 10, 11, 14, 15), un emplacement de télémètre (15),
à l'extrémité sud-ouest du plateau, un souterrain à trois entrées (H4) (voir ci-après).

Les souterrains

Le site du Kibergsfjellet est littéralement truffé de souterrains. Destinés à remplacer, faute de matériaux, les bunkers en béton, on en compte pas moins d'une quinzaine au total sur le site. Ils abondent particulièrement sur le plateau supérieur et sur son flanc est. Du nord au sud on trouve :

dans la partie nord du plateau supérieur, un souterrain possédant une entrée dans la pente et une issue sur le plateau : c'est le casernement protégé des défenses d'infanterie du plateau comportant au centre une caverne de 20 x 4,50 m, sol bétonné, cheminée, longueur totale environ 40 m (H7),
une tranchée suivie d'une amorce de galerie (H11),
un souterrain en L, grand couloir large de 3 m, long de 40 m, en cul-de-sac (H10),
une tranchée suivie d'une amorce de galerie (H9),
le probable casernement souterrain du PDT avec deux entrées, une salle de 17 x 3,50 m revêtue de briques, puis une 2e salle, de 15 x 3,50 m, avec une citerne bétonnée, longueur totale 62 m (H8),
immédiatement au sud du PDT, une longue tranchée et l'accès souterrain au PDT (H6),
à l'ouest du plateau, à proximité du R 701 nord, une longue et profonde tranchée terminée par un souterrain inachevé (H5),
à l'extrémité sud-ouest du plateau, un souterrain à trois entrées, long au total de 60 m, avec un tobrouk à proximité de l'entrée centrale (H4).

D'autres souterrains existent encore dans les secteurs est et sud-ouest de la batterie (voir ci-après).

Le plateau inférieur

en contrebas du PDT et du flanc est du plateau supérieur se situe la plate-forme du canon de 28 cm "Scharnhorst" (2), une simple dalle circulaire de béton, diamètre 15-17 m environ, avec une cuve centrale où pivotait la pièce, et des soutes très sommaires, en tôle ondulée, détruites,
à une centaine de mètres à l'est, tranchée et accès à un souterrain inachevé, long de 50 m, avec 2e issue, obstruée (H12),
450 m à l'est de ce dernier point, emplacement du canon d'éclairage de 15 cm "Aurora" (5), un bel ouvrage du type M 158 ou apparenté, intact, comportant une plate-forme en cuve de 12,80 m de diamètre et des soutes sous béton.

De part et d'autre de la crête au nord de ce dernier emplacement, d'ouest en est :

l'emplacement du canon de 28 cm "Gneisenau" (3), identique à "Scharnhorst", soutes également détruites,
un ensemble de défenses d'infanterie et de Flak en protection du flanc nord-est, avec tranchées, tobrouks Rs 58 et Rs 206, et petit casernement souterrain, longueur 30 m (16, 17, H13),
un abri R 622 qui semble inachevé, vide, ni portes, ni remblaiement (18),
l'emplacement du canon de 28 cm "Moltke" (4), identique aux deux autres, soutes également détruites,
un emplacement de projecteur lourd avec une dalle de béton creusée de gorges pour le passage des roues et des câbles du projecteur (19),
un tobrouk intact [3],
un emplacement pour projecteur de 150 cm dont il reste des vestiges (20),
un bloc R 620 SK, intact, en défense du flanc nord-est (21),
un souterrain à deux entrées, longueur totale 76 m, avec accès bétonné au R 620 SK (H14).

 


 

Armement de la MKB Kiberg

Armement principal :

3 x 28 cm SKL/45 M1907, canons de marine, portée environ 34 000 mètres, munitions 284 kg, vitesse initiale 865 m/s, 20 coups/minute, canon d'origine navale provenant de cuirassés allemands datant de la 1ère guerre mondiale, quelque peu modifié, le même matériel qu'à la MKB Husöen, à l'entrée du fjord de Trondheim,
1 x 15 cm, pièce d’éclairage.

Défense de la batterie :

3 x 7,5 cm Pak
1 x 4,7 cm Pak
2 x 7,5 cm, canons de campagne
3 mortiers légers (probablement 5 cm)
15 lance-flammes
37 MG
28 lance-grenades
7 projecteurs. 

Flak :

3 x 4 cm Flak
8 x 2 cm Flak.

 


 

L'effectif de la batterie en 1943-1944 était de l'ordre de 700 hommes. En janvier 1943 elle a coulé un sous-marin russe qui s'aventurait dans le fjord de Varanger. En juillet 1943, elle a aussi livré un véritable combat avec une flotte soviétique et contre une tentative de débarquement au nord de la batterie. 106 coups de 28 cm et 902 de 7,5 cm furent tirés lors de cette action à laquelle prirent part les batteries de Vardø. Avant son repli en octobre 1944, la garnison y a effectué le sabotage des quatre canons et quelques destructions limitées. L'armée norvégienne intervient après la guerre en se chargeant alors de la destruction complète des pièces d'artillerie et des munitions. 

Kiberg est donc un site particulièrement intéressant, indiscutablement le plus fourni en ouvrages, souterrains et constructions de tous types, un des mieux préservés et donc certainement le plus digne d'intérêt de l'ensemble du Finnmark, le grand nord norvégien. Ce haut lieu d'histoire et de fortification dans le grand nord norvégien mériterait absolument un effort de préservation et de mise en valeur.

Perdu aux confins du Finnmark et de la mer de Barents, éloigné de tout, le site de Kiberg est pourtant l'une des multiples composantes du Mur de l'Atlantique – dans ces contrées, celui-ci pourrait aussi s'appeler Mur du Grand Nord ou Mur de la mer de Barents ! A ce titre aussi il méritait d'être tiré de son lointain et arctique anonymat et tant soit peu remis en lumière.

La MKB 4/517 Mestersand

Soixante kilomètres au sud de Kiberg, sur la rive nord du fjord de Varanger et à l'entrée du Bøkfjord, voie d'accès à Kirkenes, s'étend l'île de Kjelmøya. Sa pointe nord-ouest, Mestersand,  est un plateau qui s'élève jusqu'à la cote 46, reliée par un gué à un îlot annexe, Gandholmen. C'est cet emplacement de premier ordre qui a été choisi par les Allemands en 1941 pour y implanter la deuxième batterie lourde du secteur Varanger. Les travaux commencent à l'automne 1941 mais la batterie ne sera opérationnelle qu'en septembre 1942.

De nombreuses constructions ont vu le jour, tant sur le plateau de Mestersand et son pourtour que sur l'îlot de Gandholmen, mais on y trouve bien peu de Regelbauten (plans-types). Plusieurs souterrains existent aussi sur le site. En gros, on distingue trois secteurs :

l'anse de Mestersand où se trouvaient les quais de déchargement, et ses abords,
le plateau de Mestersand avec les œuvres vives principales,
l'îlot annexe de Gandholmen.

Anse de Mestersand

On y trouve :

Sur la plage au fond de l'anse, l'emplacement des quais de déchargement, deux appontements parallèles coiffés par un portique Hanomag de 150 t à l'époque, tous disparus depuis l'après-guerre (4),
un petit cube bétonné pour un probable réservoir d'eau (4),
un tobrouk Rs 64 pour lance-flammes, côté nord (5),
à une centaine de mètres à l'arrière de la plage, intact, un bâtiment en béton et maçonnerie à trois entrées, ayant abrité deux groupes électrogènes (6),
le dépôt de munitions souterrain principal, à deux entrées avec défense, cinq alvéoles de 12 à 23 m, largeur 3,50 m, poutrelles de manutention sous les voûtes dans les alvéoles, galerie arrière, développement total environ 140 m (7),
de part et d'autre de ce dernier, deux autres souterrains, plus petits (8, 9),
à l'est de l'anse, sur la hauteur, un ensemble intact de défenses d'infanterie (10):
blockhaus légers en maçonnerie et toiture béton (11),
niche souterraine en L,
casernement souterrain, longueur environ 40 m, avec (12)
entrée inférieure inachevée,
deux chambres (la 2e de 13 m x 4 m),
escalier vers sortie supérieure en puits.

Plateau de Mestersand

Du vaste terrain s'étendant à l'arrière et autour de l'anse – occupé à l'époque par de nombreux baraquements mais dont on ne trouve plus trace aujourd'hui – débute vers le plateau une "route", parcourue alors par une voie ferrée étroite. Cette voie d'accès s'élève progressivement en traçant une grande boucle sur le flanc sud-ouest du massif. Le long de cette route, on découvre successivement :

un abri pour 7,5 cm Pak et sa plate-forme (13),
un emplacement pour lance-grenades marine avec vestiges du matériel (14),
plusieurs tobrouks, certains avec tranchée et abri,
un petit Wohnbunker et un blockhaus en maçonnerie (15),
un emplacement et les vestiges d'un projecteur de 60 cm (16),
au sommet, une plate-forme sommaire de 2 cm Flak (17),
à proximité, à la cote 46, un poste d'observation à toiture hexagonale (retournée), l'intérieur inondé (18).

Sur le plateau, qui s'étend selon son grand axe sur 800 mètres, demeure l'essentiel, à savoir successivement du sud au nord :

une importante fouille (15 x 15 m), peut-être pour un réservoir d'eau selon certaines sources (19),
la vaste plate-forme du canon de 24 cm n° 4, diamètre externe 17 m, dalle circulaire large de 2,50 m, cuve centrale profonde de 1,60 m, chemins de roulement bétonnés pour le transport des munitions des soutes à la cuve, deux soutes feldm. (2a),
départ vers l'ouest de la voie d'accès à l'îlot de Gandholmen,
les ruines d'un bunker SK pour lance-mines M19, complètement pulvérisé ! Il y reste cependant quelques vestiges de l'engin ainsi qu'une gaine de périscope (20).
en contrebas, l'entrée intacte du souterrain d'accès au bunker SK M19 comportant (21) :
une entrée en chicane avec défense, porte blindée disparue,
une galerie dans le rocher, longueur 20 m,
une grande chambre, environ 6 x 6 m et accès au bunker SK M19,
un escalier de 17 marches, une porte blindée 434P01, un autre escalier de 13 marches vers un puits de 4 m et une issue vers l'extérieur.
départ vers l'est d'un chemin jusqu'à l'emplacement d'une pièce de 15 cm d'éclairage avec ses deux soutes en maçonnerie (3),
vers le nord, les plates-formes des canons de 24 cm nos. 3 et 2, identiques à la 1ère, soutes détruites (2b, 2c),
sur la pointe nord du plateau, un PDT totalement détruit (1), ouvrage important mais de type non identifiable, un probable Regelbau SK,
à quelques mètres du PDT, un gros abri Vf (22), entièrement détruit, qui possédait 2-3 alvéoles en tôle ondulée,
de nombreux tobrouks un peu partout sur la périphérie et des emplacements de Flak (23).

L'îlot de Gandholmen

Relié autrefois à Mestersand par une "route", aujourd'hui par un gué plus ou moins submergé, l'îlot de Gandholmen s'étend sur 500 mètres dans sa plus grande dimension. On y trouve, du sud au nord :

un tobrouk de défense du passage d'accès (24),
un emplacement pour lance-grenades marine avec vestiges du matériel (25),
des plates-formes de Flak 2 cm, l'une avec vestiges de la pièce (26),
un abri pour projecteur lourd et sa plate-forme (27),
la plate-forme du canon de 24 cm n° 1, en assez bon état, une soute détruite (2d),
trois plates-formes pour canon de 7,5 cm (f), l'une avec vestiges du canon et son abri intact (28),
un abri entrerré suivi d'une galerie d'accès à un tobrouk, intacts, poële WT80 (29),
des tobrouks et divers autres emplacements plus ou moins identifiables.

L'effectif de la batterie dépassait 500 hommes parmi lesquels deux détachements d'infanterie pour la défense rapprochée. Les canons, des 24 cm SKL/40 datant du début du 20e siècle, étaient d'origine navale. L'armement secondaire consistait en trois 7,5 cm de campagne, un 7,5 cm Pak, deux lance-mines, un lance-grenades M19, sept 2 cm Flak, 17 mortiers, 22 MG, 56 lance-flammes et au moins quatre projecteurs. En octobre 1944, après avoir effectué des tirs sur les forces russes lors de leur offensive, la batterie a été abandonnée après sabotage des canons et destruction d'une partie des ouvrages. Le site a été "nettoyé", déminé et dépollué après guerre par l'armée norvégienne.

L'accès à ce site exceptionnel n'est pas des plus aisés. Aucune route carrossable depuis le continent ne débouche à proximité. Force est donc d'emprunter une embarcation depuis Kirkenes, ce qui implique une navigation de deux heures avec un petit bateau. Bien que ce serait un programme un peu chargé sur une seule journée, on peut en profiter pour parcourir les autres batteries du fjord – celles de Bökfjord (batterie de lance-torpilles), Guldmedsvika et Bökfjord Fyr (si l'état de la mer de Barents le permet…) – sites tout aussi remarquables.

Pour conclure, faut-il rappeler que ces batteries ne sont pas vraiment les dernières à l'extrémité nord du Mur de l'Atlantique puisque les Allemands en ont encore installé deux autres plus à l'est, en territoire norvégien, et cinq autres en territoire finlandais à l'époque, russe aujourd'hui. Une 6e était en construction en 1944…

[1] mais heureusement les pistes d’origine sont toujours carrossables et permettent d’atteindre tous les secteurs, un 4x4 n’y étant toutefois pas inutile, loin de là.

[2] Les visites de l'auteur remontent à 2004 et 2005.

[3] l'un des quinze tobrouks de défense d'infanterie du site dont trois Rs 206, tobrouk pour 5 cm Gr.W. 210 (f) (mortier léger de 5 cm récupéré sur la Ligne Maginot).

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