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L'éclairage de secours des ouvrages Maginot

 

Parmi les "détails" de l'équipement réglementaire des casemates et ouvrages de la Ligne Maginot dont on ne parle jamais figurent les divers modèles et types de lampes de secours. Accrochés sur les murs ou fixés sur les tourelles, elles existaient pourtant en milliers d'exemplaires d'un bout à l'autre de la ligne fortifiée, de la plus petite casemate au plus gros ouvrage d'artillerie. Généralement destinées à pallier une défaillance de l'éclairage soit donné par l'alimentation extérieure soit fournie par le ou les groupes électrogènes de l'ouvrage, elles pouvaient aussi constituer le seul et unique éclairage intérieur en l'absence d'un générateur.

Après guerre, entre les premières ventes publiques par l'Etat des casemates et ouvrages de la Ligne Maginot dans les années 1970 et la fin des années 1980, on trouvait encore en place de très nombreuses lampes de secours de tous modèles. Aujourd'hui, à l'exception d'exemplaires préservés dans les casemates et ouvrages restaurés (et parfois, avec un peu de chance, dans les marchés aux puces en Alsace et en Lorraine), elles ont totalement disparu in situ.

Rappelons succinctement quels étaient les différents modèles de ces lampes.

Lampes triangulaires

Le modèle le plus répandu était certainement le type dit triangulaire, qui présente trois faces – deux faces avant vitrées avec croisillons de protection et une face arrière pleine – d'où une section horizontale triangulaire. Une simple bougie plantée dans un petit socle assurait l'éclairage. Fabrication A.Butin, Paris, mais il est probable que les commandes soient allées à plusieurs firmes différentes.

Au moins trois variantes de ce modèle ont existé : un type "rive droite de la Moselle", un type "rive gauche" et un "type Alpes". Si le bâti triangulaire est identique sur les trois types, ceux-ci diffèrent par les accessoires tels que le moyen d'accrochage et de portage, la fixation de la bougie, le chapeau du trou d'évacuation de la fumée, etc. (voir photos). Le type "rive droite de la Moselle" semble avoir été répandu jusqu'en Région fortifiée de la Lauter c'est-à-dire de la Moselle au Rhin.

À raison d'une lampe tous les 10-15 mètres en moyenne dans les galeries, on peut estimer qu'un ouvrage d'artillerie moyen pouvait en posséder de 200 à 300 exemplaires, voire plus. Les plus gros ensembles (Hackenberg, Hochwald) en avaient de 800 à 1000.

Lampes  secours 1

La lampe de secours de section triangulaire était sans conteste le modèle le plus répandu. Des milliers d'exemplaires étaient disposés de proche en proche dans les galeries et les locaux des ouvrages d'artillerie et d'infanterie. Ici le modèle "rive droite de la Moselle" que l'on trouvait en fait jusqu'au Rhin. Hauteur sans l'anse de portage : 32 cm.

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Dans certains secteurs (Bitche, SF Haguenau), le modèle "rive droite" possédait en outre deux pattes d'accrochage que n'avaient pas les autres lampes du même modèle (Dominique Kemmel).

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Le modèle "rive gauche de la Moselle" diffère quelque peu du modèle "rive droite" par sa poignée de portage et son chapeau festonné d'évacuation des fumées (Dominique Kemmel).

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Sur cette vue de l'intérieur du bloc 12 de l'ouvrage du Hochwald en 1939 un exemplaire de lampe triangulaire est accroché au mur sur la droite. On en devine deux autres dans la chambre de tir de gauche (coll. Albert Haas).

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Une lampe triangulaire demeure à portée de main sur le transmetteur d'ordres du PC du bloc 1 au Hochwald en 1939 (coll. Albert Haas).

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Le PC du bloc 6 du Hochwald disposait même de trois lampes triangulaires (coll. Albert Haas).

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Apparenté au modèle "rive gauche", le modèle de lampe triangulaire destiné aux ouvrages du front des Alpes diffère du modèle "Nord-Est" par son tube à ressort contenant la bougie. Ce système évite les coulures de cire. Hauteur 45,5 cm.

Lampes de tourelles

Les tourelles d'artillerie et de mitrailleuses étaient dotées de deux types de lampes de secours, les deux à bougie : le type carré accroché aux murs entourant les étages inférieur et intermédiaire de la tourelle, et le type à réflecteur rond fixé sur la tourelle même (v. photos). La bougie y est logée dans un double tube muni d'un ressort et qui sert aussi de poignée à la lampe. Ces deux types, qui existaient déjà sur et autour des tourelles de la fortification Séré de Rivières, sont de fabrication assez soignée. Le type carré porte une plaque du constructeur Gillet et Forest, Epervier Gillet et Cie, Paris.

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Sur cette photo d'époque prise au fort de Schoenenbourg en 1940 on reconnaît deux lampes carrées à proximité d'une tourelle de 75 R 32 (Libor Vitěz).

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Bien qu'un peu désuètes pour leur temps déjà, les lampes carrées et à réflecteur rond des blocs à tourelles étaient certainement les plus pittoresques et les plus décoratives parmi tous les modèles. De fabrication très soignée en cuivre et laiton, elles découlaient directement de modèles identiques qui équipaient déjà les forts Séré de Rivières de la période 1874-1918 (Verdun, Toul, Epinal, Belfort...). Hauteur des lampes carrées hors tout : 42,5 cm.

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Héritées également des tourelles des forts Séré de Rivières, les lampes à bougie et à réflecteur rond se retrouvaient sur les tourelles Maginot d'artillerie et de mitrailleuses. Hauteur hors tout 38 cm.

 

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Sur la tourelle de 81 du bloc 2 du Hochwald en 1939 se remarquent parfaitement deux lampes à réflecteur rond ainsi que, sur les murs, deux lampes du type carrées.

Lampes secours 6b

La tourelle de 135 du bloc 14 du Hochwald, vue ici en 1939, possède au moins une lampe à réflecteur rond (visible au centre sur le haut de la photo) et plusieurs lampes carrées sur les murs proches.

 

Lampes de casemates

Alors que tous les modèles précédents étaient amovibles et portables, le type de lampe destiné aux casemates d'infanterie était fixe et, une fois en place, inamovible. En outre, à la différence des précédents modèles à bougie, il fonctionne au pétrole lampant d'où sa désignation : lanterne à pétrole. Il est constitué d'un bâti carré, vitré sur trois côtés et dont le haut est fixé à une tuyauterie d'échappement des fumées et des gaz de combustion vers l'extérieur de la casemate ou de l'ouvrage. Un portillon ouvrant à l'avant permet l'accès au brûleur et au réservoir à pétrole. Une molette permet depuis l'extérieur le réglage du brûleur. Ce modèle était également construit par Gillet et Forest, Epervier Gillet et Cie, Paris.

Si ces lampes ont toutes disparu depuis longtemps in situ (c'est-à-dire dans les casemates et ouvrages abandonnés à leur sort), il reste cependant un ouvrage dans lequel demeure miraculeusement en place depuis sa construction de 1935 à 1938 un certain nombre de lampes de casemate à pétrole. Il s'agit de l'ouvrage de La Ferté, dans les Ardennes (v. photos).

Tous les modèles de ces lampes étaient construits en laiton et en cuivre, métal parfois recouvert d'une couche de peinture mate. Bien que déjà désuètes en leur temps, ces diverses lampes d'une autre époque n'en restent pas moins des objets pittoresques et assez décoratifs pour faire la joie des collectionneurs.

Où peut-on encore en voir des exemplaires ? La plupart des casemates et ouvrages ouverts au public en présentent un ou plusieurs exemplaires. En particulier, sur le site de la casemate de l'Aschenbach à Uffheim demeurent visibles quatre lampes de casemate, une lampe triangulaire et une lampe à réflecteur rond de tourelle. Que la lumière soit...

                                                                                                                              Jean-Bernard Wahl

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L'ouvrage de La Ferté dans les Ardennes est le seul à avoir conservé d'origine, en plus ou moins bon état, un grand nombre de lampes de casemate à pétrole (Dominique Kemmel et auteur).

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Les casemates du Rhin possédaient un type de lampe à pétrole quelque peu différent du modèle des autres secteurs (Dominique Kemmel).

 

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Lampe à pétrole restaurée et conservée dans la casemate de Neunhoffen à Dambach, en Alsace du Nord (Dominique Kemmel).

 

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Deux des quatre lampes à pétrole en place dans la casemate de l'Aschenbach à Uffheim.

Remerciements à Dominique Kemmel pour son aimable contribution.

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