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La Ligne Maginot en construction

 

 

Du formidable chantier de construction qu'a été la réalisation de la Ligne Maginot dans les années 1930 il reste relativement peu d'images compte tenu des milliers de sites de construction ouverts du Nord au Jura et dans les Alpes. Pourtant, lors des travaux des différentes tranches, les chefferies locales du Génie devaient obligatoirement informer la CORF – l'organe constructeur au sommet de cette organisation – par voie écrite sous la forme de rapports mensuels, voire hebdomadaires, et de photographies, de l'avancement des chantiers. Concernant celles-ci en particulier, que sont devenus les dizaines d'albums qui ont collecté ces documents ? Pendant longtemps, une seule collection de cet ordre était connue. Elle concernait les travaux dans le Secteur fortifié des Alpes Maritimes et plus précisément ceux des ouvrages de Cap-Martin et de l'Agaisen.

Dans les années 1990 toutefois, une exceptionnelle collection de plus d'une centaine de photographies #1 138 exactement. On ignore totalement comment cette collection est parvenue là, toutes les hypothèses étant ouvertes... La collection est aujourd'hui propriété de l'AALMA (Association des Amis de la Ligne Maginot d'Alsace) et conservée au fort de Schoenenbourg. était "miraculeusement" découverte dans le sud de l'Alsace et aussitôt acquise. Prises entre 1929 et 1934, datées et renseignées, ces photographies, la plupart de qualité professionnelle, reflètent l'état d'avancement des travaux de la tranche III dite du Hochwald dans le nord de l'Alsace. Cette tranche allait de l'ouvrage de Schoenenbourg (exclu) à celui du Four à Chaux (exclu), soit sur un front fortifié linéaire de huit kilomètres #2 En 1929 le futur Secteur fortifié de Haguenau, du Rhin à Lembach, a été divisé en quatre tranches de travaux : tranche I du Rhin à Hatten, tranche II d'Oberroedern au Schoenenbourg, tranche III de Breitenacker au Schmelzbach, tranche IV du Schmelzbach au-delà de Lembach (cette tranche incluse par la suite dans le S.F.des Vosges). . Elle comprenait bien entendu en majeure partie la construction de l'ensemble du Hochwald, l'un des deux plus gros ouvrages de la Ligne Maginot. Ci-après quelques extraits significatifs de cette collection.

© Reproduction strictement réservée.

LMC 01

8 août 1930 – Le maréchal Pétain, alors commandant en chef des armées, inspecte les chantiers de construction en Alsace. En compagnie du colonel Gourandy (à droite), directeur des travaux de fortifications à Strasbourg, du capitaine Bernard, responsable de la tranche III, et d'un aide de camp, il est ici aux casemates de Breitenacker, dans l'intervalle Schoenenbourg/Hochwald

 

LMC 02

En mars 1934, les officiers du Génie responsables des chantiers de la tranche III posent devant le bloc 7, l'entrée des hommes Est du Hochwald. De gauche à droite, le capitaine Bernard, le lieutenant Blot, le capitaine Bosc.

 

Les casemates de Breitenacker

LMC 03

Mars 1930 – Les fouilles réalisées en premier lieu, ici à l'aide d'une pelle mécanique diesel à l'emplacement des futures casemates de Breitenacker, sont d'une ampleur considérable. Elles s'étendent ici sur plus de 60 mètres pour une profondeur d'une dizaine de mètres.

 

LMC 04

Avril 1930 – Sur la droite, le coffrage de la communication entre les deux casemates de Breitenacker est déjà bien avancé. Sur la gauche et par dessus l'emplacement de la future casemate Sud, seule l'ébauche des ponts de coulée du béton est déjà en place.

 

LMC 05

Mai 1930 – Vue d'ensemble des coffrages de la communication souterraine entre les deux casemates de Breitenacker. La future galerie accuse moins d'un mètre de largeur tandis que le béton de protection qui va l'entourer – dont on voit bien les arrondis – aura plus de 2 mètres d'épaisseur.

 

LMC 06

Mai 1930 – la galerie de communication entre les deux casemates de Breitenacker est en cours de bétonnage. Remarquer les multiples goulottes obliques de bétonnage. Au loin, les baraques du chantier du petit ouvrage de Bremmelbach.

 

LMC 07

Juin 1930 – Organisation du chantier des casemates de Breitenacker. On peut remarquer, de droite à gauche, deux bandes transporteuses de sable et gravier dont de grandes quantités sont déjà stockées, le bâtiment abritant les ciments, trois bétonnières, la baraque des ouvriers, les deux jetées vers les futures casemates Nord et Sud. La voie de 60 de chantier est largement utilisée. (Montage réalisé à partir d'un dépliant original en 4 volets).

 

LMC 08

Juin 1930 – Bétonnage du radier (le plancher) de la casemate Breitenacker-Sud (ou -Est). Les goulottes de versement du béton sont bien visibles.

 

LMC 09

Juillet 1930 – Au pied des goulottes, damage pneumatique du béton de la future communication entre les deux casemates.

 

LMC 10

Juillet 1930 – Vue du revêtement métallique de la dalle de toiture de la casemate Breitenacker-Ouest (ou -Nord). Une fois le béton coulé, ce revêtement constituera le plafond du local sous-jacent. Remarquer les deux gaines de ventilation déjà posées ainsi que le marquage numéroté de chaque élément y compris des planches du coffrage.

 

LMC 11

Mai 1930 – Travaux de bétonnage de nuit.

 

LMC 12

Juin 1930 – Au cœur d'une forêt de fers à béton verticaux et de barres de soutènement, le personnel s'emploie au damage du radier de la future casemate Est (ou Sud) de Breitenacker.

 

LMC 13

En mai 1930, aux futures casemates de Breitenacker, l'un des camions de l'entreprise Dietsch, de Sarreguemines, la plus grosse société de l'Est en mesure de réaliser le gros œuvre des ouvrages de la tranche III. Des entreprises locales viendront la renforcer.

 

LMC 14 Lisch

Septembre 1930 – Brut de décoffrage, l'ensemble des deux casemates de Breitenacker, reliées par une galerie souterraine protégée, apparaît au grand jour sur ce panoramique en 3 volets. Par la suite l'ouvrage sera en grande partie remblayé et disparaîtra à la vue sous d'amples talus. À l'extrême droite, l'empilement de la couche de rocaille devant protéger le béton des impacts directs est en cours.

 

LMC 15

Mars 1934 – La casemate Breitenacker-Ouest (ou -Nord) et, plus loin, sa voisine -Est (ou -Sud) sont presque terminées. Le béton semble avoir été entièrement peint en kaki. Un panneau de camouflage demeure sur la façade des embrasures. L'armement – jumelages de mitrailleuses et canons de 37 – arrivera en 1936 et 1937.

 

LMC 16

Mars 1934 – Ainsi apparaît, vu du côté ennemi, le couple de casemates de Breitenacker après achèvement. Seules les cloches GFM se profilant sur la ligne d'horizon, trahissent encore la présence des ouvrages. Les réseaux de barbelés sont déjà en place mais les rails antichars viendront plus tard.

 

Les casemates de Bremmelbach

LMC 17

Janvier 1931 – Fouille et début des travaux à la future casemate sud de Bremmelbach. (Montage réalisé à partir d'un dépliant original en 3 volets).

 

LMC 18

Juillet 1931 – Essai de damage avec de nouveaux matériels pneumatiques aux casemates de Bremmelbach. Le personnel est essentiellement recruté localement mais de nombreux ouvriers étrangers – tchèques, yougoslaves, italiens, polonais – ont également été embauchés. Plus d'un millier d'ouvriers étaient employés à la construction de la seule tranche III.

 

LMC 19

Fin mars 1934 – Le Lt Blot, chargé de la surveillance des travaux, se tient près de la casemate sud du couple de Bremmelbach qui vient d'être terminée.

 

LMC 20

Fin mars 1934 – La casemate Nord de Bremmelbach est également achevée. Elle est reliée à sa voisine Sud par une galerie souterraine profonde, amorce d'un ouvrage d'infanterie finalement ajourné. Les traînées visibles sur ses façades ne sont pas des essais de camouflage mais plus simplement l'écoulement du trop plein d'eau de pluie de la dalle. Il sera remédié par la suite à ce défaut. Au 1er plan, le réseau bas de barbelés est déjà posé.

 

Les casemates de Drachenbronn

LMC 21

Fin juillet 1930 – Aux futures casemates de Drachenbronn on en est à la pose de la canalisation générale de drainage. Le coffrage de la galerie de liaison entre les deux casemates est déjà réalisé.

 

LMC 22

Juillet 1930 – Bétonnages aux casemates de Drachenbronn. La légende de cette photo, réalisée à partir d'un montage en 2 volets, précise : " Goulottes ayant permis de faire 30 m3 à l'heure ".

 

L'ouvrage du Hochwald

En 1939 l'ensemble fortifié du Hochwald, édifié sur un contrefort des Vosges du Nord, dans le nord de l'Alsace, 2e ex-aequo plus gros ouvrage de la Ligne Maginot, comprenait

  • trois entrées : munitions, personnels principale, personnels Est,
  • un ouvrage bas Ouest avec 5 blocs (trois d'artillerie, un d'infanterie, un mixte artillerie-infanterie),
  • un ouvrage bas Est avec 6 blocs (quatre d'artillerie, un d'infanterie, un mixte artillerie-infanterie),
  • un observatoire d'artillerie non relié, le bloc 20,
  • un fossé antichar reliant les ouvrages O et E, défendu par 9 casemates d'infanterie,
  • un ouvrage sommital inachevé, le Réduit.

L'armement d'artillerie était constitué de

  • 2 canons de 75 sous tourelle (bloc 7bis)
  • 5 canons de 75 sous casemate (blocs 6 et 12)
  • 4 canons-obusiers de 75 sous casemate (blocs 3 et 16)
  • 4 obusiers de 135 sous tourelle (blocs 1 et 15)
  • 2 obusiers de 135 sous casemate (blocs 1 et 13)
  • 2 mortiers de 81 sous tourelle (bloc 2).

L'armement d'infanterie était constitué de

  • 8 canons de 47
  • 6-8 probables canons de 37
  • 2 jumelages de mitrailleuses sous tourelle (blocs 5 et 15)
  • 35 jumelages de mitrailleuses sous casemate
  • 8 jumelages de mitrailleuses sous cloche.

Après avoir obstinément combattu en mai-juin 1940, en partie transformé en usine souterraine par les Allemands en 1944, puis gravement endommagé par la Wehrmacht en déroute, l'ouvrage du Hochwald remis en état a servi de base radar à l'armée de l'Air de 1957 à 2015. Il est aujourd'hui inutilisé et fermé après avoir été vidé de ses équipements et armements au bénéfice du fort voisin de Schoenenbourg, ouvert au public.

LMC 00 Hochwald plan DTG 1951

Edité le 25 novembre 1947 par la DTG de Strasbourg (Direction des travaux du Génie), donc après guerre, plan de l'ensemble du Hochwald càd. de l'ouvrage lui-même, du fossé antichar et de ses neuf casemates, de l'observatoire d'artillerie et du réduit. Tous ouvrages gravement endommagés en janvier 1945 par l'armée allemande en déroute, ce plan préfigurait les travaux de réparation de 1950 à 1956. (Il recèle une petite erreur au niveau de la casemate 4 du fossé antichar : une branche de ce fossé – qui n'apparaît pas ici – contourne en effet intégralement la casemate du côté nord assurant ainsi la continuité de l'obstacle. En outre, ne pas tenir compte de l'échelle).

 

LMC 23

Mars 1934 – Vue d'ensemble du chantier de l'ouvrage Est du Hochwald. À côté des baraquements du chantier demeurent encore quelques maisonnettes privées. Elles seront rasées peu après. Au 1er plan la route Lobsann-Cleebourg-Wissembourg. On peut distinguer les blocs 1 (à droite du poteau électrique) et 6 (entre deux peupliers).

 

LMC 24

Mars 1934 – Le Lt Blot et un contremaître inspectent l'état des travaux concernant les entrées munitions (bloc 8) et hommes (au second plan, bloc 9) dont le gros œuvre a été coulé en 1933 et 1934.

 

LMC 25

Mars 1934 – Vue d'ensemble des deux entrées B8 et B9 après achèvement du gros œuvre. Les équipements (portes blindées, trémies d'embrasures, installations électriques, groupes électrogènes, monte-charges, cuisines, ventilation, etc.), les tourelles et armements seront installés en 1934 et 1935.

 

LMC 26

Mars 1934 – La galerie principale fait suite à l'entrée des munitions (bloc 8) et s'étend presqu'en ligne droite sur 1500 mètres jusqu'à l'ouvrage Ouest. Elle est ici au stade des finitions. Sur la droite, l'une des deux entrées du magasin à munitions principal M1.

 

LMC 27

Mars 1934 – Le gros œuvre du magasin à munitions principal M1 est pratiquement terminé. On en voit ici la grande galerie de ceinture qui dessert les différentes alvéoles à munitions.

 

LMC 28

Février 1932 – La réalisation des blocs de combat requiert en premier lieu l'excavation de vastes fouilles dans un terrain parfois peu résistant. Des anneaux concentriques de béton maigre retiennent ici les parois de la fouille. Passerelle et pylône de monte-charge plongent dans le puits jusqu'au niveau des galeries profondes de l'ouvrage. On est ici à l'emplacement du futur bloc 2 qui abritera une tourelle de mortiers de 81. (Photo réalisée à partir d'un montage en deux volets).

 

LMC 29

Septembre 1931 – Le puits du bloc 2 et son boisage de soutènement. Compte tenu de la hauteur de ces puits (plus de 40 m parfois) la poussée des terrains peu résistants était considérable, le boisage et les coffrages, en bois ou en métal, indispensables et massifs.

 

LMC 30 B6

Mars 1934 – La seule photo connue du bloc 6 au moment de son achèvement. Les cuirassements et les matériels de 75/29 viennent d'être mis en place. Les deux échafaudages en toiture correspondent vraisemblablement à l'installation des cloches de guet et de jumelage.

 

LMC 31

Mars 1934 – Le gros œuvre du bloc 9 ou entrée des hommes 0uest est achevé. La large ouverture à droite dans la façade est celle des cheminées d'échappement des moteurs de l'usine électrique qui est à proximité, 20 mètres plus bas dans le massif.

 

LMC 32

Mars 1934 – La 3e entrée de l'ouvrage, le bloc 7 ou entrée des hommes Est, apparaît ainsi à l'issue des travaux de bétonnage et de crépissage. Elle est reliée par un puits de 32 mètres aux galeries souterraines de l'ouvrage Est. Si les trémies d'embrasure sont déjà installées, les canons de 47 n'arriveront qu'en 1937.

 

LMC 33

Mars 1934 – Un peloton de spécialistes du génie et de l'artillerie procède au bloc 1, fraîchement coulé, à l'équipement de l'embrasure du lance-bombes de 135.

 

LMC 34

Mars 1934 – Le bloc 13 en est aussi aux finitions. Les passerelles indiquent que des travaux sont en cours sur les embrasures et dans les chambres de tir. Il s'agit d'un bloc mixte artillerie-infanterie, lance-bombes de 135 à gauche, canon de 47 et jumelages à droite.

 

LMC 35

Mars 1934 – Survivance de la fortification Séré de Rivières de 1874 à 1918, le bloc 3 est un coffre de contrescarpe dont la mission est de battre dans deux directions le fossé antichar et antipersonnel de l'ouvrage Est. Le gros œuvre est terminé mais pas encore les équipements. Au second plan à droite, les bâtiments de la Hasselmühle, un ancien moulin. Gênant la défense du bloc, ils seront détruits en partie en juin 1940.

 

LMC 36

Mars 1934 – Tracés définitivement en 1932 et percés en 1932 et 1933, les 8 kilomètres de galeries de l'ouvrage sont achevés en 1934. Cinq puits d'extraction seront réalisés. Selon la nature des terrains, les hommes du Génie auront à faire face à de multiples difficultés et contraintes. Parmi celles-ci, il fallait respecter une protection minimale de 15 mètres en terrain rocheux, de 25 mètres en mauvais terrain. Il fallait également tenir compte des égouts et de leur pente pour l'évacuation des eaux circulant dans l'ouvrage, et enfin des déclivités à ne pas dépasser pour les voies de 0,60 m de la traction électrique.

 

LMC 37

Août 1932 – D'importantes venues d'eau ont surgi lors du percement des galeries. L'une d'elles, à proximité du bloc 7bis, était de plus de 20 m3 à l'heure et a nécessité l'installation de pompes puissantes. En 1935, cette arrivée a été l'objet d'un captage alimentant un réservoir en béton armé avec trop-plein relié à l'égout.

 

LMC 38

Mars 1934 – Proche du bloc 7 et de l'entrée de l'ouvrage Est, le blockhaus de défense intérieur attend encore le stade des finitions. Les rails de la voie de 0,60 m seront bientôt entièrement noyés dans le radier de la galerie.

 

Le fossé antichar

Parmi les divers éléments ayant composé la fortification précédente dite de Séré de Rivières et réalisée à partir de 1874 figure un caractère majeur, le fossé entourant les œuvres vives des forts (plates-formes à canon, casemates, tourelles). Ce fossé, généralement au tracé en quadrilatère, est battu sous tous ses angles par des "coffres" de contrescarpe (casemates insérées dans les angles opposés) et des caponnières (casemates en relief dans le mur du massif central). Ce dispositif avait été primitivement conservé sur certains gros ouvrages Maginot puis peu à peu supprimé pour raisons d'économie. Il a cependant été conservé sur deux sites, le Hackenberg en Moselle (sous une forme simplifiée) et le Hochwald en Alsace. Ici il a été réalisé quasiment tel que prévu initialement et il franchit intégralement le massif du Hochwald de part en part en reliant les ouvrages Ouest et Est. Il s'étend en plan sur près de 2000 mètres et est coiffé par 9 casemates d'infanterie armées de jumelages et de canons de 47 ou 37. Sa mission était la défense, tant antichar qu'antipersonnel, du glacis déboisé réunissant les ouvrages O et E. Bien qu'envahi par la végétation il est toujours visible aujourd'hui.

LMC 40

Mai 1930 – Début des travaux de terrassement du fossé au niveau des futures casemates C2 à C3, c'est-à-dire sur le flanc ouest du massif. Les moyens mis en œuvre sont considérables et s'étendent sur deux kilomètres pour le seul fossé et ses neuf casemates.

 

LMC 41

Mars 1930 – Creusement et terrassement à l'aide d'une pelle mécanique diesel du fossé à l'emplacement des futures casemates C5 et C6.

 

LMC 42

Mai 1930 – L'une des pelles mécaniques à chenilles de l'entreprise Dietsch à l'œuvre à hauteur de la future casemate C6 du fossé. Importante société régionale, la maison Dietsch ou Société des grands travaux de l'Est et du Nord avait son siège à Sarreguemines.

 

LMC 43

Mai 1930 – Le fossé en cours de réalisation au niveau des futures casemates C5 à C6. L'énorme quantité de rochers et de pierre de taille déposée ici est destinée à la construction des murs d'escarpe et de contrescarpe du fossé ainsi qu'aux matelas de rocaille de protection du béton des casemates.

 

LMC 44

Août 1930 – Le fossé est ici à la phase de déroctage à l'emplacement de la casemate C6 qui aura deux étages. On en devine déjà la structure : au centre les fondations, à gauche le niveau de l'étage inférieur, à droite l'amorce du fossé vers la casemate C7 et suivantes. Deux personnages donnent l'échelle de cette immense fouille.

 

LMC 45

Juillet 1931 – Vue d'ensemble de la casemate C3 du fossé en cours de bétonnage. Des neuf casemates construites à l'origine c'est la seule qui existe encore de nos jours. Dynamitée par les Allemands en janvier 1945, elle a été reconstruite dans les années 1950 sans grande modification de son plan d'origine, afin de servir d'observatoire vers l'ouest. Elle possède deux étages et deux chambres de tir, l'une vers le glacis, l'autre vers le fossé.

 

LMC 46

Juillet 1932 – Vue extraordinaire d'une partie du fossé après achèvement du gros œuvre de la casemate C6 et des murs d'escarpe et de contrescarpe, et avant camouflage. À remarquer aussi la qualité des travaux de finition.

 

LMC 47

Novembre 1932 – Fossé et casemate C6 ont disparu sous un camouflage magistral : peinture sombre sur la maçonnerie des murs, ensemencement des sols, toiles de grillage avec décor sur la casemate sous lesquelles sont masqués les créneaux de tir.

 

LMC 48

Novembre 1932 – Vue rapprochée de la casemate C6 du fossé recouverte de son camouflage de toiles décorées imitant de la végétation.

 

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Novembre 1932 – Vue rapprochée de la casemate C6 du fossé recouverte de son camouflage de toiles décorées imitant de la végétation.Mars 1934 – Vue d'une partie du flanc ouest du massif et du fossé avec les casemates C2 (dont on distingue les deux cloches, GFM et jumelage) et, plus haut, C3. À remarquer aussi l'importance du déboisement et donc du glacis de part et d'autre du fossé.

 

LMC 50

Mars 1934 – Au pied du flanc ouest, la casemate C1 apparaît flambant neuve sous sa peinture kaki de camouflage. Au second plan, le fossé entre les casemates C2 et C3.

 

LMC 51

Mars 1934 – Symétrique de la casemate C1 sur le versant ouest, la casemate C9 termine la série sur le versant est. Bien gardée par des soldats en armes, elle est ici en cours d'achèvement.

 

LMC 52

Mars 1934 – Vue rapprochée sur la casemate C5 dont on distingue la cloche de jumelage voisinant avec celle de GFM. Vers la droite le fossé contourne et englobe la casemate avant de s'éloigner vers C4.

 

LMC 52a

Mars 1934 – Le fossé et ses 9 casemates sont terminés sur les flancs du massif. On voit parfaitement les casemates 1, 2, 3 et 4 étagées sur le flanc ouest. Au 1er plan il reste à compléter le fossé au niveau de l'ouvrage Ouest dont seul le mur de contrescarpe est déjà réalisé.

 

LMC 53

Mars 1930 – Construction de la route d'accès au Réduit. Un travail de titan pour un ouvrage qui ne sera jamais achevé ! Prévu initialement au sommet du massif, cet ouvrage non relié à celui du Hochwald a été commencé en 1930 mais les travaux ont été arrêtés à la fin de 1931 pour raisons d'économies.

 

LMC 54LMC 55

Mars 1934 – Ainsi apparaissent, une fois terminées les casemates du fossé vues du glacis càd. du "côté ennemi". Fossé et casemates demeurent invisibles au niveau du sol, seules émergent les cloches GFM et jumelage. Les réseaux de barbelés et d'ardillons sont également bien en place. On voit ici les casemates C4 (à gauche) et C6.

 

Hochwald ensemble

L'ensemble du Hochwald dans tous ses états en 1939. Il ne manque sur ce plan que la casemate d'appoint Verdot (du nom du s/Lt qui la commandait), construite en rondins en 1940 sur la pente est du massif et armée de deux 75 pointés vers l'est. Son emplacement exact, au sud-est de l'entrée du Réduit, n'a pas été déterminé à ce jour.

 

Les casemates du Schmelzbach

LMC 56

Avril 1930 – Organisation du chantier de construction de la casemate double (est) du Schmelzbach. Remarquer les trois bétonnières et, à l'extrême gauche, un locotracteur diesel à voie de 60. (Montage réalisé à partir d'un dépliant original en 3 volets).

 

LMC 57

Avril 1930 – Gros plan sur les trois bétonnières du chantier de la casemate double du Schmelzbach.

 

LMC 58

Mars 1934 – Le gros œuvre de la casemate double (est) du Schmelzbach est terminé. On la voit ici de trois-quart frontalement.

 

LMC 59

Juin 1930 – Brute de décoffrage, ainsi apparaît la casemate ouest du Schmelzbach.

 

LMC 60

Janvier 1931 – Les équipements arrivent. Montage progressif à l'aide de madriers et d'une chèvre de la cloche GFM (guet et fusil-mitrailleur). Remarquer la teinte kaki de la seule façade de la casemate à ce stade.

 

LMC 61LMC 62

Mars 1934 – La casemate ouest du Schmelzbach est terminée, ses embrasures parfaitement camouflées. Au fond à droite, la butte dans laquelle s'étend l'ouvrage d'artillerie du Four à Chaux qui appartient à la tranche IV de construction de la Ligne Maginot dans ce secteur.

 

Tous les ouvrages de la tranche III

En forme de bilan, la seule tranche III, illustrée par les documents ci-dessus, comportait un nombre considérable d'ouvrages et autres constructions réalisés, à savoir d'est en ouest :

  • les casemates sud et nord (ou est et ouest) de Breitenacker (reliées par galerie)
  • les casemates nord et sud de Bremmelbach (galeries, petit ouvrage inachevé)
  • les casemates nord et sud de Drachenbronn (reliées par galerie)
  • l'abri caverne de Birlenbach
  • l'abri caverne de Walkmuhl
  • l'ensemble du Hochwald (détail ci-dessus)
  • la casemate double (ou est) du Schmelzbach
  • la casemate ouest du Schmelzbach.

Auxquels il faut ajouter la construction du camp de sûreté de Drachenbronn, de routes, d'un réseau de voies ferrées de 0,60 m, de lignes téléphoniques enterrées, de réseaux de barbelés et de rails antichars, de dépôts de munitions, de blockhaus d'avant-postes, de blockhaus de barrage à la frontière, etc... etc...

 

Remerciements à Gilles Colombat, Félix Dimitric et Frédéric Lisch.

Fin