Navigation

Connexion

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Nos visiteurs

Aujourd'hui161
Hier221
Cette semaine1586
Ce mois5610
Total442736

23/06/24

Plates-formes antichars ouvertes II

 

2ème partie

 Autres Secteurs fortifiés *SF de Haguenau, voir 1ère partie.

Plates-formes ouvertes pour canon antichar

de 47 de marine ou 65 de marine

(1935-1939)

 

À la suite du volet consacré au SF de Haguenau, il est apparu évident d'élargir ce thème de recherches aux autres secteurs fortifiés du Nord-Est. On trouvera ci-après un premier bilan de l'inventaire réalisé et couvrant le front du SF d'Altkirch à celui de Montmédy. Au-delà et jusqu'à la côte en effet seuls quelques très rares emplacements isolés, voire un seul, ont été relevés à ce jour. Ce secteur n'entre donc pas dans le répertoire ci-dessous.

725 canons de marine de 47 et 65

Le 20 mars 1933 la Marine cède à l'armée de Terre 725 canons d'artillerie légère provenant de bâtiments ferraillés, soit

  • 50 canons de 65 mm modèle 1888-1891 sur affût avec 60 000 obus
  • 40 canons de 65 mm modèle 1902 sur affût avec 120 000 obus
  • 475 canons de 47 mm modèle 1885 avec 435 affûts et 850 000 obus
  • 160 canons de 1902 sur affût modèle 1908 avec 350 000 obus.

Les affûts peuvent être du modèle à crinoline (modèle 1887 pour les 47) ou chandelier.

La CORF n'en ayant pas l'emploi dans les ouvrages construits entre 1930 et 1935 (prévus pour les matériels de forteresse de 47 et 37 Mle 1934), ces canons seront affectés en 1935 aux Régions fortifiées. Celles-ci ont alors pour tâche de 1935 à 1939 de renforcer les lignes d'ouvrages CORF par une multitude de blockhaus de tous types dans les intervalles. C'est dans ces constructions que l'on retrouvera les pièces de 47 et 65.

Répartition dans les Régions militaires

 Tableau 1 Répartition

Ce seront finalement 509 pièces sur les 725 proposées qui seront adoptées par l'armée de Terre, les autres ayant été trouvées sans affût ou incomplètes.

La grande majorité des canons de 47 de marine sera destinée à armer les casemates STG et les blockhaus MOM de la fortification de renforcement de 1935 à 1940. Les pièces de 65 de marine seront par contre exclusivement installées sur des emplacements rectangulaires ou circulaires à ciel ouvert. Quand au reliquat de canons de 47 qui n'ont pas trouvé d'emploi sous béton ils seront implantés sur plateforme bétonnée plus ou moins sommaire, généralement carrée ou rectangulaire.

Implantation sur le terrain

La répartition géographique des plateformes à ciel ouvert antichars sur la ligne de front est des plus variable. Certains secteurs fortifiés (SF Colmar, SF Boulay, SF Thionville) n'en comportent que quelques rares exemplaires, d'autres un seul exemplaire, voire aucun. En revanche, trois secteurs ont été particulièrement bien pourvus : le SF du Bas-Rhin y compris Strasbourg et sa périphérie, le SF de Haguenau et celui de Montmédy. Ce dernier possédait au moins 22 emplacements, le SF du Bas-Rhin 19 le SF de Haguenau 29 (compte tenu des connaissances à ce jour, en avril 2024).

Concernant le dispositif stratégique, en majorité les emplacements se situent un peu en arrière (1 à 3 km) de la ligne de front et des ouvrages CORF. Mais de nombreuses exceptions se constatent sur le terrain, certaines plates-formes étant implantées à même la ligne de front (S.D. Sarre).

Aujourd'hui

Nous avons dénombré à ce jour (2023-2024), de la frontière suisse aux Ardennes, un total de 120 plates-formes découvertes de 47 ou 65, chiffre probablement inférieur à la réalité de l'époque. Bien entendu sur le terrain une grande partie de ces petites constructions a disparu depuis longtemps pour des raisons d'exploitation agricole, d'urbanisation ou autre. Par contre, ceux qui demeurent entiers, se retrouvent sur les lisières des bois, souvent enfouis sous la végétation.

SF Altkirch 1
SF Mulhouse 2
SF Colmar 2
SF Bas-Rhin 19
SF Haguenau 29
SF Vosges 2
SF Rohrbach 2
SD Sarre 12
SF Faulquemont 8
SF Boulay 3
SF Thionville 4
SF Crusnes 7
SF Montmédy 29
  120


00 Varize Mansuy

L'avant-dernier canon de 65 ? Dans un village des environs de Boulay-Moselle, un particulier a exposé pendant quelques années dans son jardinet un tube de 65. Qu'est-il devenu ensuite... ? Camouflage reconstitué ou d'origine ? (Michel Mansuy, photo de 1986).

Réflexions en guise de conclusion

Le type de construction évoqué ici est à intégrer dans ce qu'on a appelé la fortification de campagne plus ou moins renforcée de 1935 à 1940, opposée à la fortification solide et puissante dite fortification CORF (1930-1935). On a souvent dénigré la première du fait de son manque d'homogénéité, de son éparpillement sur le terrain, de sa moindre valeur défensive, entre autres arguments. Ayant été en grande partie construite par la main d'œuvre militaire, on l'a souvent aussi dénommée fortification MOM.

Parmi la grande variété des blockhaus de tous types réalisés dans ce cadre entre 1935 et 1940, l'intérêt des plates-formes à ciel ouvert pour canon de marine à usage antichar est triple :

  • leur construction et leur armement sont économiques,
  • ils sont faciles à camoufler,
  • ils constituent un appoint non négligeable de feux d'artillerie antichar contre les blindés de l'époque.

Il est enfin à remarquer en regard des évènements de mai-juin 1940 que l'on n'avait pas ignoré dans les années 1930 l'éventualité d'une irruption de chars de combat ennemis, mais on avait probablement sous-estimé la " force de frappe " qu'ils représentaient utilisés en masse. Avait-on perdu de vue les succès du général Mangin en juillet 1918 qui avait lancé à Villers-Cotterêts 300 chars Renault FT17 sans préparation d'artillerie ? C'était la première des offensives victorieuses qui devaient terminer la Grande Guerre le 11 novembre 1918.

 

 


 

 

Du Sundgau aux Ardennes

Les plates-formes AC dans les secteurs fortifiés du Nord-Est

 

Secteur défensif puis fortifié d'Altkirch

 

Sondersdorf, Hippoltskirch

Situé tout au sud de l'Alsace, le SD/SF d'Altkirch ne possédait qu'une seule plate-forme à ciel ouvert, armée d'un canon de 47 de marine Modèle 1885. Etablie au cœur du point d'appui d'Hippoltskirch (commune de Sondersdorf) qui comprenait au total quatre ouvrages #1- Au pied de l'ensemble, deux coupoles 7e Région, l'une pour mitrailleuse, l'autre pour canon de 47,
- à l'arrière et à mi-hauteur d'un escarpe-
ment, l'emplacement du canon de 47,
- au sommet du dispositif, l'emplacement d'une tourelle 35/37 de mitrailleuse.
et un petit casernement.

L'ouvrage pour canon de 47 possède une entrée avec escalier en descente, fermée par une porte en tôle et débouchant dans un abri de 5 x 1 m. De là quelques marches permettent l'accès à la plate-forme du canon (3,60 x 2,30 m) dont l'affût crinoline était fixé sur un socle semi-circulaire du type courant. Dans les angles de la plate-forme, limitée par quatre parapets larges de 0,45 m, des fixations permettaient l'installation d'une toiture légère de protection et de camouflage.

L'objectif du 47 était de battre un axe venant de la Suisse, la frontière étant à moins de 4 km en ligne droite. L'emplacement demeure en bon état et reste accessible#*Avec plus d'une soixantaine de pièces de 47 – en casemates STG et sous coupoles 7e Région – sur un front de 26 km, on ne peut pas dire que la défense antichar avait été négligée dans le SD/SF Altkirch..

En résumé

 

Secteur fortifié de Mulhouse

 

Chalampé

L'existence d'au moins deux plates-formes antichars est connue à ce jour (2023) dans ce secteur. La première était située à Chalampé, au croisement des actuelles rues de Turenne et de l'Industrie. Curieusement implanté au sud du village d'alors, l'emplacement était occupé par un canon de 47 M qui devait battre un no man's land entre le village et le pont-rail sur le fleuve. Le site a évidemment disparu depuis longtemps, les lieux étant occupés aujourd'hui par une propriété privée.

Battenheim, écluse 44

Le second emplacement du SFM est situé à 10 km à l'ouest-sud-ouest du précédent, plus précisément à 1200 m au sud-est de Battenheim, au niveau de l'écluse 44 de l'ancien canal du Rhône au Rhin qui constituait une 3e ligne de défense à partir du Rhin. Entre Mulhouse et Strasbourg, à chaque point de passage, à chaque écluse de ce canal est établi un point d'appui constitué d'une poignée de petits ouvrages d'infanterie.

L'emplacement nord #3Le point d'appui de l'écluse 44 comprenait en outre deux coupoles 7e Région pour mitrailleuse ou FM, détruites par les Allemands en retraite fin 1944, ainsi qu'un bloc non identifié. était ici une simple dalle bétonnée de 2,20 x 1,90 m pour un canon de 47 M, sans murets ni parapets, toujours visible sur le chemin de halage à 100 m au N du pont sur le canal. On peut cependant supposer qu'il était renforcé et protégé par des rondins en bois.

En résumé

 

Secteur fortifié de Colmar

 

Artzenheim, écluse 64

Deux emplacements sont connus dans ce secteur, tous deux établis sur l'ancien canal du Rhône au Rhin (v. aussi sous SF de Mulhouse). Le premier se situe à la hauteur d'Artzenheim et de l'écluse 64, à une centaine de mètres au nord du pont sur le canal. Il est constitué d'une plate-forme en béton de forme carrée, ses dimensions extérieures étant de 5 x 5 mètres. Elle est bordée sur trois côtés par un muret haut de 1,20 mètre et large de 0,50 mètre. Supportant un probable canon de 47 M, elle possède un petit abri en sous-sol en forme de T avec deux niches opposées de 1,50 x 0,70 m, hauteur 1,80 m. Cet emplacement est toujours visible #4Le point d'appui de l'écluse 64 ne possède qu'un seul autre petit ouvrage MOM, un abri à deux entrées avec portes en tôle, surmonté d'un emplacement pour FM ou mitrailleuse. Il est situé au sud du pont et demeure entier et visible..

Emplacement de 47 de l'écluse 64 à Artzenheim – Vue partielle de l'abri avec l'entrée et la niche de gauche. Il semble qu'une porte fermait ou était prévue à l'entrée. La facture MOM de la construction saute aux yeux (Joël Muntzinger).

Schwobsheim, écluse 70

Le second est à 13 km au nord du précédent, au niveau de l'écluse 70 et du pont qui franchit le canal. Il est du même type que l'emplacement de l'écluse 64 et possède aussi un petit abri en sous-sol #5Une seule autre construction s'ajoute au point d'appui de l'écluse 70 : un blockhaus à deux entrées surmonté d'une coupole en béton type 7e Région pour FM ou mitrailleuse.. Bien orienté vers la route et le pont, l'emplacement demeure entier et visible.

La plate-forme de l'écluse 70 à Schwobsheim, son accès et l'étroite ouverture d'accès à l'abri sous la plate-forme du canon (Lia Vermeulen)

En résumé

 

Secteur fortifié du Bas-Rhin

 

Centré sur l'agglomération de Strasbourg, le SFBR est un cas particulier au cœur du système défensif des frontières dans les années 1930. La ville, pratiquement adossée au Rhin et donc à la frontière avec l'Allemagne, a été puissamment fortifiée par les Allemands après l'annexion de l'Alsace et de la Moselle en 1871 #6Tout comme Mutzig, Metz et Thionville.. En 1918, avec le retour de l'Alsace à la France, l'armée française récupère les ouvrages ex-allemands et en change les noms mais ils vont rester inutilisés jusqu'en 1935.

Entre 1930 et 1935, dans le cadre de la Ligne Maginot, La CORF se limitera à l'édification d'une douzaine de casemates d'infanterie sur la berge même du Rhin. En revanche, la 20e Région et les commandements locaux entreprendront à partir de 1935 une véritable mise en défense de Strasbourg et de sa périphérie. D'innombrables blockhaus de tous types et abris-PC sont alors coulés dans la zone du port et des ponts vers Kehl, et tant au nord qu'au sud de la ville. La défense antichar y sera représentée par nombre de pièces de 25, 47 et 65, tant sous béton qu'en plates-formes à ciel ouvert.

La ceinture des forts ex-allemands de Strasbourg

 
De La Wantzenau au nord au bois du Neuhof au sud, cette ceinture comporte pas moins de 11 forts, 6 ouvrages intermédiaires et une myriade d'abris d'infanterie dans les intervalles #7Auxquels s'ajoutaient trois forts sur la rive droite du Rhin, en territoire allemand.. En 1936-1937 une partie de ces ouvrages est réorganisée, c'est-à-dire réaménagée dans la perspective d'une attaque venue de l'est et non plus de l'ouest. En particulier, sept forts et ouvrages reçoivent sur leurs superstructures neuf plates-formes ouvertes pour canon de 65 de marine en cuve sur plate-forme métallique. Ce sont, du nord au sud :

- Ouvrage de Neuf-Empert (une pièce)
- Fort Ney est et ouest (deux pièces)
- Ouvrage Ney-Rapp (une pièce)
- Fort Rapp (une pièce)
- Fort Desaix (une pièce)
- Fort Lefèbvre (une pièce)
- Fort Uhrich ouest et est (deux pièces).

 
Soit 9 canons de 65 de marine modèle 1888/1891 en usage antichar. Pour être tant soit peu complet il ne faut pas oublier l'armement d'origine allemande conservé dans les forts, soit au total 11 pièces fixes de 105 pouvant tirer sur 360° #8Lire : Lt-col. Georges Collin – La fortification moderne de Strasbourg. 1983, inédit. .

La seule trace tangible retrouvée à ce jour des neuf canons de 65 installés sur les forts ex-allemands de Strasbourg est cette plate-forme métallique en cuve qui demeure sur l'aile est du fort Uhrich, au sud de l'agglomération. L'état et la position inclinée de cette plate-forme permettent d'en observer les diverses parties, souvent invisibles ou disparues ailleurs (Mathieu Stenger - Wikimaginot).

En résumé

NB - Sauf erreur ou omission.

 

Secteur fortifié de Haguenau

 

Voir 1ère partie

 

Secteur fortifié des Vosges

 

Wineckerthal

La cartographie de Wikimaginot ne signale que deux plates-formes pour canon antichar dans ce secteur fortifié. Il est vrai que le terrain des Vosges du Nord ne se prête guère au passage de blindés #9Ce qui n'a pas empêché la percée de l'infanterie ennemie le 19 juin 1940. . On sait peu de choses sur cette plate-forme qui a totalement disparu aujourd'hui, sauf qu'elle était dotée d'un canon de 65. Située à Wineckerthal, commune de Dambach, elle contrôlait l'un des rares axes routiers nord-sud locaux, l'actuelle D 853.

Lembach

À 1,5 km au sud-ouest du centre de Lembach, à proximité du PO de Lembach, une plate-forme pour canon de 65 a été installée en défense des axes routiers Lembach—Mattstall—Walbourg. Elle est aujourd'hui malheureusement remblayée et à peine apparente.

En résumé

SF Vosges

 

Secteur fortifié de Rohrbach *Le 20 septembre 1939 le SF Rohrbach perd le sous-secteur rive droite de la Sarre au profit du SD Sarre. À la même date le SD Sarre perd les sous-secteurs de Lixing et Leyviller, rattachés au SF Faulquemont. Il devient SF le 15 mars 1940.

 

Petit-Réderching, Holzschlag

Deux emplacements sont signalés dans ce secteur, le premier, au sud-est de Petit-Réderching, dans le bois de Holzschlag, devait battre avec son canon de 47 la D 910 d'alors (aujourd'hui Rue de Strasbourg) et ses alentours. Il est constitué d'une simple plate-forme carrée. Cet emplacement a probablement été abandonné au profit du blockhaus voisin construit dans un 2e temps. Il est bien rare en effet d'observer l'existence de deux armes antichars aussi rapprochées.

Holzschlag M Stenger

Holzschlag – Au premier plan la plate-forme ouverte pour un canon de 47. Remarquer la niche à munitions. Au second plan, le blockhaus construit ultérieurement et qui a probablement recueilli le même canon de 47 (Mathieu Stenger – Wikimaginot).

Achen, Grand Bois

Le second emplacement se situe à 12,5 km au sud-ouest, plus exactement à 2 km au sud-ouest d'Achen centre, à la corne sud-est du Grand Bois, au lieudit Weidesheimerberg. Il en reste deux témoins : un vestige d'affût crinoline et un élément de tôle métro qui devait servir d'abri aux servants du 47. La plupart des plates-formes antichars à ciel ouvert devaient d'ailleurs être dotées à proximité d'un pareil abri en tôle, parfois même en béton.

Grand Bois 1 Weidesheimer Berg Christatus WMGrand Bois 2 Weidesheimer Berg 2 Christatus WM

Achen, Grand Bois – Un vestige indiscutable de l'affût crinoline d'un canon de 47 de marine subsiste au sud-est du Grand Bois, proche d'Achen. À proximité subsistent aussi des éléments en tôle métro d'un abri pour les servants (Christian Lenhard – Wikimaginot).

En résumé

SF Rohrbach

 

Secteur défensif puis fortifié de la Sarre *Le 20 septembre 1939 le SF Rohrbach perd le sous-secteur rive droite de la Sarre au profit du SD Sarre. À la même date le SD Sarre perd les sous-secteurs de Lixing et Leyviller, rattachés au SF Faulquemont. Il devient SF le 15 mars 1940.

 

Zone d'inondations préparées dite aussi Ligne Maginot aquatique, ce secteur assure le lien entre la Région fortifiée de Metz et celle de la Lauter. Dépourvu d'ouvrages CORF, il a reçu tardivement un grand nombre de constructions MOM de tous types et de casemates STG d'infanterie et d'artillerie. Parmi les premières figurent au moins douze emplacements ouverts pour canon antichar, soit d'est en ouest :

Holving, Buschhubel Nord et Sud

Situé à 1500 m au sud-est de cette localité, sur la lisière est du bois de Buschhubel #10ou Buchenhuegel. , cet emplacement de forme carrée sans abri bétonné possédait probablement un canon de 65. Il devait battre le cours d'eau du Moderbach et ses avancées qui étaient alors la ligne de front, contre toute tentative de franchissement. La plate-forme est toujours visible. Pas d'information à ce jour sur la plate-forme sud, située à environ 100 mètres au sud, sauf qu'elle était équipée d'un 47.

Buschhubel 1 CJ VermeulenBuschhubel 2 CJ Vermeulen

Proche de Holving, la plate-forme nord du Buschhubel pour un probable canon de 65 demeure bien visible. On a peine à imaginer l'environnement à l'époque qui devait être nettement différent... (CJ Vermeulen – Wikimaginot).

Hoste, Rother Hubel

Situé à 200 m au sud de l'étang-réservoir de Hoste-Bas, au lieudit Rother Hubel, La Colline Rouge, à proximité de la casemate MC27, c'est également une simple plate-forme carrée pour un canon de 65. Elle existe toujours #11Elle est parfaitement visible sur Google Earth, au sud de l'étang de Hoste-Bas. . Installée entre deux autres blocs, on comprend mal quels étaient ses objectifs, sinon les pentes au sud de l'étang-réservoir et la trouée jusqu'au bois du Huneberg.
 

 Rother Hubel MC27 AALMA

La plate-forme pour canon de 65 de Rother Hubel – la Colline Rouge – voisine avec la casemate d'infanterie MC27 (AALMA).

Hoste, Rohrwald

Etabli à 1300 m au sud-ouest de Hoste-Haut, en lisière ouest du bois du Rohrwald, cet emplacement de canon de 65 est aussi une plate-forme carrée sans abri. Elle est toujours visible et assez bien conservée. Elle avait comme champ de tir l'axe routier Cappel--Valette et ses alentours.

Rohrwald 1 plf 65 Mathieu StengerRohrwald 2 plf 65 Mathieu Stenger ret

Plutôt bien conservé et parfaitement dégagé, l'emplacement de 65 du bois du Rohrwald possède toujours les longerons de la plate-forme métallique du canon (photo de Mathieu Stenger, avant et après retouche – Wikimaginot).

Hoste, Taubrunnenwald

Situé à 1100 m au sud-sud-ouest de Cappel centre, sur la lisière ouest du bois du Taubrunnenwald, c'est un emplacement de même nature que les précédents, une plate-forme carrée d'environ 5 mètres de côté qui demeure visible, bien que souvent inondée. Une particularité, l'emplacement disposait d'un abri à munitions à proximité. Les feux de son canon de 65 s'ajoutaient au barrage général de la ligne de front à ce niveau.

Taubrunnenwald Vermeulen

L'emplacement du Taubrunnenwald pour un canon de 65 est souvent inondé en période humide mais demeure bien apparent (CJ Vermeulen – Wikimaginot).

Hoste, Strang

Proche du précédent, cet emplacement de 65 est à trouver à 1200 m au sud de Cappel centre, à la pointe est du bois du Strang. Ses tirs vers l'est devaient s'ajouter à ceux de la ligne de front. Nanti d'un petit abri à munitions, il est presque totalement remblayé par la nature mais reste discernable.

Strang 1 Mansuy

L'emplacement du bois de Strang disparaît presque entièrement sous les dépôts végétaux et reste à peine discernable (Michel Mansuy – Wikimaginot

Strang 2 Prouffe1 Strang 3 Prouffe2

Strang - La plupart des plates-formes antichars possédaient un abri pour les servants et les munitions. Dans le SF de la Sarre on retrouve en plusieurs exemplaires ce même modèle d'abri en béton, bien protégé mais de modestes dimensions (Alain Pérouffe – Wikimaginot).

Maxstadt, Schirmenstuden Est

Situé à mi-chemin entre Barst et Maxstadt, dans la partie est du bois de Schirmenstuden, cette plate-forme de 47 est d'un type différent de celles de 65 (voir photos) avec ses socles d'angles en béton et ses pieux en bois au centre #12Modèle 1934 dit "Belfort" selon Wikimaginot. . En outre son champ de tir semblait être limité aux contre-pentes du proche Rebberg et ses multiples observatoires d'artillerie.

Schirmen Est M Stenger

 D'un type apparemment unique dans ce secteur, la plate-forme Est du bois de Schirmenstuden était armée d'un canon de 47 (Mathieu Stenger – Wikimaginot).

Maxstadt, Schirmenstuden Ouest

Dans les mêmes parages demeure un 2e emplacement antichar, ici pour un canon de 65, situé sur la lisière ouest du bois de Schirmenstuden. Il disposait à quelques mètres d'un petit abri à munitions. Situé un peu en arrière de la ligne de front, ses feux vers l'ouest s'ajoutaient au barrage général. Emplacement et abri sont toujours visibles.

Schirmen Ouest CJ Vermeulen

Peu à peu envahi par les débris végétaux, la plate-forme ouest de 65 du bois de Schirmenstuden demeure bien visible. Remarquer au second plan le petit abri hommes et munitions (CJ Vermeulen – Wikimaginot).

Maxstadt, Scheide

À 2 km à l'est-nord-est du centre de Maxstadt, sur la pointe nord-ouest du bois de Scheide, demeure une plate-forme de 65 totalement atypique. Construite initialement selon la forme carrée basse habituelle, dans un 2e temps elle a été reconstruite différemment avec une forme hexagonale et de hauts murets. Un petit abri à munitions du type courant dans ces parages lui est adjoint à quelques mètres.

Scheide 1 Mansuy WMScheide 2 AALMA

La plate-forme de 65 du bois de Scheide est totalement atypique. On peut supposer que la plate-forme initiale de forme carrée a été modifiée et pourvue de murets. Aujourd'hui le site est envahi par des broussailles (Michel Mansuy et AALMA – Wikimaginot).

Laning, Grasserwald

À 2 km à l'est-nord-est du centre de Maxstadt, sur la pointe nord-ouest du bois de Situé un peu en retrait de la ligne de front, à la pointe sud-est du Grasserwald (ou Bois de Gras), cet emplacement pour canon de 65 (?) est également atypique avec ses deux murs latéraux épais. Il possède également à proximité un petit abri hommes et munitions du type courant dans le secteur. Enfouies sous la végétation, les deux constructions demeurent cependant visibles.

Laning CJ Vermeulen WM

La plate-forme de 65 (?) du bois du Grasserwald ne ressemble à aucune autre avec ses deux murs latéraux. Un petit abri hommes et munitions du type fréquent dans les parages lui est adjoint (CJ Vermeulen – Wikimaginot).

Vahl-Ebersing, Nonnenwald

Implanté à même la ligne de front, à 1,2 km au nord-est de Vahl-Ebersing, sur la lisière ouest du Nonnenwald, cet emplacement pour un canon de 65 devait battre entre autres l'axe routier nord-sud St-Avold – Vahl-Ebersing et ses parages. Il possède aussi à quelques mètres un petit abri hommes et munitions. Peu à peu envahi par la nature il reste cependant discernable.

Nonnenwald AALMA

La plate-forme de 65 du Nonnenwald disparaît peu à peu sous la végétation et les débris végétaux mais reste discernable (AALMA).

Folschviller, Ubernied

Situé également sur la ligne de front marquée ici par le cours de la rivière la Nied Allemande, à 2 km au sud-est de Folschviller village, en lisière nord-ouest du bois d'Ubernied, cet emplacement pour un canon de 65 a probablement été abandonné au profit du blockhaus voisin construit dans un 2e temps. Il reste cependant bien visible.

Ubernied 1 VermeulenUbernied 2 AALMA

L'intérieur de la plate-forme de 65 du point d'appui d'Ubernied se couvre parfois d'un parterre de verdure naturel. À proximité a été construit un blockhaus probablement destiné à recevoir et abriter le 65 (CJ Vermeulen, AALMA – Wikimaginot).

En résumé

SF de la Sarre

14 juin 1940
Faut-il rappeler que le 14 juin 1940 s'est déroulée sur un front de 35 km de cette " trouée de la Sarre " une gigantesque bataille qui a vu la résistance acharnée des troupes françaises, contenant partout les assauts allemands en leur causant des pertes sévères. Mais aucun char ennemi n'est venu s'affronter aux nombreux 65 et 47 du secteur.

 

Secteur fortifié de Faulquemont *Avant 25 septembre 1939, à cette date le sous-secteur de Narbéfontaine passant du SF Faulquemont au SF Boulay.

 

Ici commence l'aile droite de la Région fortifiée de Metz, l'une des deux grandes Régions avec celle de la Lauter. On y retrouve tous les types d'ouvrages fortifiés, depuis les solides ouvrages et casemates CORF jusqu'aux innombrables réalisations plus légères STG et MOM de complément. L'artillerie de forteresse faisant gravement défaut dans les ouvrages de ce secteur, une série de casemates d'artillerie à deux pièces de 75 a tenté de pallier cette faiblesse. Quand à l'artillerie antichar sur plates-formes à ciel ouvert, elle est représentée par huit emplacements désignés de Ac1 à Ac8 du sud au nord.

Plateforme 65

                Représentation du plan-type d'une plate-forme en béton pour canon de 65 avec abri. Celui-ci n'a pas été construit (d'après doc. de Georges Marescaux).

Vahl-lès-Faulquemont (Ac1)

Situé à 350 m au nord-ouest de l'église du village, cet emplacement pour une pièce de 65 Mle 1902 est d'un autre type que les précédents comme d'ailleurs tous les autres qui vont suivre. C'est une plate-forme circulaire accusant un diamètre extérieur de 5,40 mètres, intérieur de 4,50 mètres, entourée de murets de 0,50 mètre de largeur . Elle possède une échancrure d'accès avec marches, deux niches à munitions profondes d'un mètre et l'emplacement prévu pour un puits vers un abri en sous-sol, mais celui-ci ne semble avoir été construit nulle part. À Vahl-lès-Faulquemont est demeuré pendant longtemps en place l'affût chandelier de la pièce (v. photos).

Ac1 1 Plateforme 65 Vahl ls Faulquemont Mansuy Ac1 2 Plateforme 65 Vahl ls Faulquemont Mansuy r

La plate-forme de 65 de Vahl-lès-Faulquemont est l'une des rares à avoir conservé une partie de sa plate-forme métallique et surtout son affût chandelier. Les longerons et la plaque centrale sont toujours présents mais les plaques latérales ont disparu (Michel Mansuy).

Faulquemont (Ac2)

Cet emplacement pour un canon de 65 est à trouver entre Faulquemont et Pontpierre, à 1 km à l'ouest de Pontpierre, en lisière sud-ouest du Bois des Chênes. Son objectif était l'axe routier St-Avold – Faulquemont. Son état actuel est inconnu.

Ac2 SF Faulquemont Bois des Chênes Mansuy 1982 corr

 Un moignon d'affût émerge au centre de la plate-forme Ac2 du Bois des Chênes sise sur le ban de Faulquemont (Michel Mansuy).

Pontpierre (Ac3)

Situé dans l'emprise d'un terrain de golf, à 1,3 km à l'ouest-sud-ouest de l'ancien camp de Téting, près de la pointe sud-ouest du Bois de Pontpierre, en terrain découvert, cet emplacement pour canon de 65 a été remblayé mais reste tant soit peu visible (y compris sur Google Earth). Il avait le même objectif que Ac2, l'axe routier St-Avold – Faulquemont.

Ac3

 Vu de satellite, dans l'angle nord-ouest du golf de Faulquemont, on distingue l'emplacement Ac3 (Google Earth).

Haute-Vigneulles (Ac4)

Situé à la sortie nord de cette localité, près des dernières maisons, c'est un emplacement de canon de 65 conforme au plan-type, c'est-à-dire de forme circulaire. Il contrôlait un axe secondaire nord-sud, l'actuelle D 74. La plateforme a été remblayée dans les années 1980 mais l'emplacement reste visible, y compris sur Google Earth.

Ac4 IGN WM

Vue aérienne de la lisière nord du village de Haute-Vigneulles en 1955 sur laquelle on distingue nettement la plate-forme Ac4. Aujourd'hui des habitations occupent le site mais, bien que remblayé, l'emplacement reste apparent (IGN – Wikimaginot).

Narbéfontaine (Ac5)

Cet emplacement de 65 se trouve à 500 m à l'ouest du centre (église) de Narbéfontaine, à la pointe nord-est du Gros Bois. Il avait pour mission de contrôler l'axe N-S de l'actuelle D 73. La plate-forme est en grande partie remblayée mais toujours discernable.

Ac5 Narbfontaine M Stenger WM

La plate-forme Ac5 de Narbéfontaine est presque entièrement comblée par les débris et dépôts végétaux mais reste visible (Mathieu Stenger – Wikimaginot).

Momerstroff (Ac6)

Situé à la pointe sud de la forêt du Buchwald, à 1,3 km au sud-ouest de Momerstroff, c'est également un emplacement circulaire de 65 conforme au plan-type. Il pouvait croiser ses feux avec Ac5. Bien que submergé par la végétation il demeure bien visible.

Ac6 Momerstroff M Stenger WM

La végétation submerge la plate-forme Ac6 de la forêt du Buchwald à Momerstroff. Quelques longerons de la plateforme métallique demeurent cependant visibles (Mathieu Stenger – Wikimaginot).

Momerstroff (Ac8)

Cet emplacement de 65 se trouvait immédiatement à la sortie est du village en direction de Boucheporn, en bordure sud de la route. Il a malheureusement été remblayé et le site est occupé par une propriété privée. Il devait battre l'actuelle D 25a nord-sud. Seuls quelques bétonnages externes restent visibles.

Ac8 Momerstroff Roman Fixemer WM

 Tout ce qu'il reste à voir sur les lieux de la plate-forme Ac8 à Momerstroff (Roman Fixemer – Wikimaginot).

Ban St Jean (Ac7)

Ce dernier emplacement de 65 du SF de Faulquemont #14Jusqu'au 25 septembre 1939 puis SF de Boulay. demeure en lisière ouest du bois de Ban St-Jean, sur la commune de Denting. Le site est bien connu, il s'y trouvait un camp de sûreté de la Ligne Maginot (160e RIF) transformé par les Allemands pendant la guerre en camp d'internement - de triste mémoire - de prisonniers ukrainiens et russes. Le canon de 65 avait pour mission de battre l'actuelle D 25. La plate-forme demeure en bon état et bien visible.

Ac7 M Stenger WM

La plate-forme de 65 Ac7 du Ban Saint-Jean demeure entière, bien conservée et visible. Même les longerons de la plate-forme métallique sont intégralement présents (Mathieu Stenger – Wikimaginot).

En résumé

SF de Faulquemont

 

Secteur fortifié de Boulay *Avant 25 septembre 1939, à cette date le sous-secteur de Narbéfontaine passant du SF Faulquemont au SF Boulay.

 

Le SFB ne recèle apparemment que trois emplacements ouverts pour antichar #15Cette partie du SFB était cependant couverte par la défense antichar de plusieurs gros ouvrages d'artillerie et casemates d'infanterie., soit, du sud au nord :

Boulay (Bc1)

Installée au nord de la forêt domaniale du Buchwald, à 400 mètres au sud des dernières maisons de Boulay, c'est une plate-forme circulaire de 65 demeurée en bon état et bien visible. Elle avait pour mission de battre l'actuelle D 19 Boulay – Varize.

Bc1 Hochgericht Boulay M Stenger 2022

L'emplacement Bc1 pour canon de 65 situé au sud de Boulay demeure bien apparent et en assez bon état. Au 1er plan, le puits prévu pour l'accès à un abri en sous-sol non construit. Au second plan, dans l'intrados de la cuve, une niche à munitions (Mathieu Stenger – Wikimaginot).

Boulay (Bc2)

Situé à 1,5 km au sud-ouest de Boulay centre, non loin de la route de Volmerange, cet emplacement de 65 a disparu pour faire place à une zone d'activités. Il devait contrôler l'actuelle N 64 Boulay–Volmerange.

Bc2 1a Boulay IGN

Vu du ciel en 1961, l'emplacement Bc2 apparaît encore intact mais le canon de 65 n'y est plus. La plate-forme disparaîtra dans les années 1970, le site étant alors occupé par une entreprise. Dans le haut de la photo, la route Boulay-Volmerange; dans le bas, une  ancienne voie ferrée aujourd'hui disparue (IGN).

Brecklange (Bc3)

Miraculeusement redécouverts en 1997 sous une décharge locale, plate-forme circulaire et canon de 65 ont été dégagés et remis au jour à ce moment-là (v. plus bas).

En résumé

SF Boulay

 

Le dernier canon de 65

Une extraordinaire découverte en 1997 en Moselle

Dans les années 1990, alors qu'il restait encore ça et là dans certains blockhaus MOM à l'abandon des pièces de 47 sur leur affût, on croyait définitivement disparus les canons de 65, aucune pièce n'ayant jusqu'alors été retrouvée en place. Une sorte de miracle s'est pourtant produit en 1997.

Lors d'une recherche de plateformes en février 1997 par un petit groupe de passionnés (Marc Ammann, Gérard et Michel Mansuy) en Moselle, à partir de cartes militaires d'époque, ceux-ci localisent près du village de B. l'emplacement Bc3 prévu pour une pièce de 65. Hélas, ce qu'ils découvrent est un infâme dépotoir débordant de déchets et détritus de toutes sortes. Ils distinguent quand même dans l'amas hétéroclite quelques bétonnages et pièces métalliques.

Voulant en avoir le cœur net, ils reviennent sur les lieux une quinzaine plus tard avec du renfort musclé. Après quelques heures d'efforts, les immondices sont évacuées et l'emplacement déblayé et nettoyé. Et voilà qu'apparaît, entier et intact, au centre de son emplacement bétonné circulaire, un superbe canon de 65 mm modèle 1902 sur son affût chandelier supportés par leur plate-forme métallique. Il était là depuis 1936...

L'information ayant rapidement fait le tour du petit monde Maginot, nombreux ont été ceux qui sont alors venus rendre visite au site et le mitrailler sous tous les angles. À l'heure actuelle (mai 2024) le canon est toujours en place - sous bonne surveillance - et bien visible.

D'après une relation et des photos de Marc Ammann.

 

1 Brecklange Canon 65M 03 1997 01

Avant...

 2 Brecklange Canon 65M 03 1997 02

Avant...

3 Brecklange Canon 65M 03 1997 17

Pendant les travaux de déblaiement et d'excavation (mars 1997).

4 Brecklange Canon 65M 03 1997 23

À l'issue des travaux, l'emplacement et son canon de 65 de marine.

5 Brecklange Canon 65M 03 1997 29

 Gros plan sur l'emplacement, sa plate-forme métallique et sa pièce de 65.

6 Brecklange Canon 65M 03 1997 39

  Sous cet angle on remarque à gauche l'accès à la plate-forme, à droite le puits prévu pour un abri souterrain qui n'a pas été construit, ainsi que l'une des deux niches à munitions.

7 Brecklange Canon 65M 03 1997 222

  L'équipe des ' inventeurs ' du site en mars 1997, de g. à dr. : Gérard Mansuy, Mme et Lucas Ammann, Dominique Kemmel, Jean-Louis Nospeld, Michel Mansuy, Georges Marescaux. Derrière le canon, Frédéric Lisch, Didier Starck et famille.

8 Canon de 65 marine Mle 1902 Fred Lisch

(Photo Fred Lisch).

Les photos sont de Marc Ammann (sauf ci-dessus).

 

 

Secteur fortifié de Thionville

 

Relativement pauvre en plates-formes antichars ouvertes, le SF de Thionville, le segment le plus puissant de l'ensemble de la Ligne Maginot #16Sept gros ouvrages d'artillerie, quatre ouvrages intermédiaires, 36 casemates d'infanterie, trois anciens forts allemands réactivés., n'en possède que quatre ce qui se comprend aisément compte tenu du considérable contexte fortifié. Ces quatre emplacements se concentrent de part et d'autre de la vallée de la Moselle, principal axe de passage nord-sud.

Inglange (Cc1)

Installée à 300 m au sud-est des dernières constructions du village d'Inglange, cette plate-forme circulaire pour un canon de 65 avait pour objectif de battre l'actuelle D 61 ou Route de Budling, un axe secondaire venant du nord. On la trouvera, intacte mais bien envahie par la végétation, au lieudit Herrenberg, dans une boucle de la D 118c.

Cc1 SF Thionville Inglange 2022 04 03 GMarescaux

La végétation envahit peu à peu la plate-forme de 65 Cc1 d'Inglange mais celle-ci demeure bien visible (Georges Marescaux).

Basse-Ham (Cc2)

Situé à 900 m au sud-est du village de Basse-Ham, au lieudit Bergbusch, à proximité du groupe fortifié ex-allemand de Koenigsmacker, cet emplacement de 65 demeure entier et bien visible. Il devait battre les proches axes est-ouest (l'actuelle D 654) et nord-sud (D 56).

Cc2 SF Thionville Fabrice Briot

Bien préservée, accessible et visible, la plate-forme de 65 Cc2 de Basse-Ham est située à deux pas du groupe fortifié ex-allemand de Koenigsmacker (Fabrice Briot – Wikimaginot).

Cattenom (Cc3)

Cet emplacement de 65 est établi à 600 m au sud de la clôture de la centrale de Cattenom, au lieudit Staatswald, et reste entier et visible à la pointe sud de la forêt domaniale de Garche. Il devait contrôler une portion de l'ancienne et actuelle D1 Mondorf (Luxembourg)--Thionville, un axe majeur NE-SO de la vallée de la Moselle.

Cc3 SF Thionville Titi57 Fabrice Briot

La plate-forme de 65 Cc3 de Cattenom conserve les longerons et la plaque centrale de la plate-forme métallique
(Fabrice Briot – Wikimaginot).


Manom (Cc4)

Dernier emplacement situé dans le SF Thionville, c'est également une plate-forme circulaire classique pour canon de 65. Installée dans une avancée nord-est du Bois de la Grange, à 300 m au sud des dernières maisons d'Hettange-Grande mais sur la commune de Manom, elle demeure entière et visible. Sa mission était de battre une portion de la N 53, l'actuelle D 653, un axe majeur nord-sud Luxembourg--Thionville, et ses alentours.

Cc4 1 M StengerCc4 2 M Stenger

La plate-forme de 65 Cc4 de Manom disparaît sous la végétation mais possède toujours les longerons stabilisateurs de la plate-forme métallique du canon (Mathieu Stenger – Wikimaginot).

En résumé

SF Thionville

 

Secteur fortifié de la Crusnes

 

Un peu moins solidement fortifié en ouvrages d'artillerie #17Trois gros ouvrages, quatre ouvrages intermédiaires, 36 casemates d'infanterie. que le SFT précédent, le SF de la Crusnes a été en revanche un peu mieux doté en plates-formes antichars ouvertes, soit sept exemplaires répartis sur un front de près de 30 kilomètres.

Havange (Dc1)

Situé à 900 m au sud de Havange et à 600 m à l'est du domaine de Gondrange, à l'avant de la lisière du bois de Raidebusch ou Bois de Havange, cet emplacement de 65 semble avoir laissé peu de traces. À vérifier.

Boulange (Dc1b)

Installé entre Audun-le-Roman et Boulange, à la pointe sud-ouest du Bois de Beuvillers, au lieudit Bois des Corps, cet emplacement pour canon de 65 existe toujours. Avec son équivalent Dc2 au nord du Bois de Beuvillers il devait battre l'actuelle D 906 nord-sud en amont d'Audun-le-Roman et ses alentours.

Dc1b SF Crusnes JPruzsina

L'emplacement de 65 Dc1b du Bois de Beuvillers demeure relativement dégagé et bien visible. Divers éléments de la plate-forme métallique sont toujours en place et, ici, un muret protège l'accès (Jérôme Pruzsina – Wikimaginot).

Beuviller (Dc2)

À 1300 m au nord-est du village de Beuvillers et à la pointe nord-ouest du Bois de Beuvillers, au lieudit Les Deux Chemins, demeure intacte la plate-forme Dc2. Elle devait également avoir pour objectif l'actuelle D 906 en amont de Beuvillers.

Dc2 SF Crusnes AALMA

Egalement implantée dans le Bois de Beuvillers mais à sa pointe nord-ouest, la plate-forme Dc2 demeure remarquablement dégagée à la vue et intacte. La plaque centrale de la plate-forme métallique est toujours présente et peut-être le "reste" également (AALMA).

Audun-le-Roman (Dc3)

Située au sud-est d'Audun-le-Roman et du triage de voies ferrées, aux lieudits Haut de Metz et Le Maroc, cette plate-forme semble n'avoir laissé que quelques vestiges (à vérifier). Devait-elle battre l'actuelle D 906 par-dessus les voies ferrées... ?

Errouville (Dc4)

Implantée à 300 m au sud d'Errouville village, cette plate-forme pour canon de 65 demeure entière mais submergée par la végétation. Elle devait contrôler l'actuelle D 57, un axe secondaire nord-sud.

Dc4 SF Crusnes J Pruzsina

Un fouillis végétal encombre la plate-forme Dc4 d'Errouville qui devient de moins en moins apparente (Jérôme Pruzsina - Wikimaginot).

Baslieux (Dc5)

Etablie à 1,1 km au sud de Doncourt Cités (l'ancien camp de sûreté Maginot de Doncourt), au sud de l'angle NO du Bois de Grand Champ, mais sur le ban de la commune de Baslieux, cette plate-forme Dc5 demeure en parfait état (béton seul) et bien visible. On peut supposer qu'elle devait interdire la trouée entre le camp de Doncourt et le Bois de Grand Champ.

Dc5 SF Crusnes ThCaland 2019

L'emplacement de 65 Dc5, proche de l'ancien camp de sûreté Maginot de Doncourt, demeure en bon état et bien accessible (Thierry Caland - Wikimaginot).

Pierrepont (Dc6)

Situé entre Pierrepont et Beuveille, en bordure de l'actuelle D 643, en lisière nord du Bois du Fayel, cet emplacement d'un canon de 65 reste bien visible malgré une végétation envahissante. Il devait battre la nationale (N 381 d'alors), un axe important entre Longuyon, Briey et Metz.

Dc6 SF Crusnes AALMA

La plate-forme Dc6 de Pierrepont demeure visible mais est peu à peu gagnée par la végétation, selon la saison (AALMA).

En résumé

SF de la Crusnes

 

Secteur fortifié de Montmédy

 

Etalé d'est en ouest sur plus de 50 km entre Longuyon et Sedan, ce vaste secteur fortifié, dépourvu d'ouvrages d'artillerie #18À deux exceptions près, les ouvrages d'artillerie moyens de Velosnes et du Chênois. mais truffé de blockhaus et casemates de tous types, a également été largement équipé en plates-formes ouvertes antichars de 47 et 65, soit de plus d'une vingtaine d'emplacements. Malheureusement, ici manquent généralement renseignements détaillés et photographies, dans l'attente de plus amples investigations... (localisations d'après Cartographie Wikimaginot et cartes militaires d'archives).

 

Secteur fortifié de Montmédy (Tête de pont de Montmédy)

Plates-formes de 47

Sous-secteur de Marville

Rattaché d'abord au SF de la Crusnes puis à celui de Montmédy, ce secteur ne comporte apparemment qu'un seul emplacement, peu évident, situé à 1200 m à l'ouest de Charency-Vezin (à 7,5 km au nord-ouest de Longuyon), près du lieudit Fond des Vaux.

Othe (47-1)

Situé à 300 m au nord-est de Bazeilles-sur-Othain, au lieudit La Champelle, on sait peu de choses concernant cet emplacement de 47 qui devait interdire une petite route locale, à deux pas de l'ouvrage de Velosnes.

Othe (47-2)

Installée à 700 m au nord d'Othe, au lieudit La Pièce des Volets, sur le flanc ouest de l'ouvrage de Velosnes, cette autre plate-forme pour canon de 47 devait avoir le même objectif que sa voisine 47-1. Elle n'a pas été retrouvée à ce jour.

Montmédy (47-3)

Cette plate-forme pour canon de 47 a été construite à 1,1 km au sud-est du village de Thonnelle et 200 m au sud du Bois Marotte, mais sur la ban de la commune de Montmédy et à proximité de l'ouvrage de Thonnelle. Le terrain ayant été remis en culture depuis longtemps, l'emplacement de 47 a totalement disparu.

Thonnelle (47-4)

Situé en pleins champs entre Thonnelle et Thonne-le-Thil, au lieudit La Praye, on ignore encore à peu près tout de cet emplacement de 47. À vérifier sur place.

Thonne-le-Thil (47-5)

Cet emplacement appartient à un groupement de cinq autres plates-formes de 47 et 65 vraisemblablement destinées à la protection de l'entrée de l'ouvrage du Chênois. Avec son proche voisin 47-6, il est situé à 600 m au sud-est de Montlibert et 1900 m au nord-ouest de Thonne-le-Thil. Il n'en resterait que quelques débris informes.

Thonne-le-Thil (47-6)

Attribuée de la même mission que sa voisine 47-5 dont elle n'est éloignée que de quelques dizaines de mètres, cette plate-forme a été retrouvée et mise au jour. Elle consiste en une simple dalle bétonnée d'où émergent quelques goujons filetés.

47 6 Thonne le Thil R Tucker WM

Situé à proximité de la limite des communes de Signy-Montlibert et Thonne-le-Thil, mais sur le ban de cette dernière, l'emplacement 47-6 se réduit à une dalle en béton hérissée de quelques tiges filetées (Richard Tucker – Wikimaginot).

Signy-Montlibert (47-7)

Appartenant au même groupe de plates-formes proches de l'entrée de l'ouvrage du Chênois, l'emplacement 47-7 est situé à 200 m au nord-ouest des deux précédents, en lisière nord-ouest du bois La Pièce de la Tuilerie. Qu'en reste-t-il ?

Signy-Montlibert (47-8)

Etablie à 300 m à l'ouest du village de Signy-Montlibert, à proximité du lieudit Le Plateau, en bordure d'un chemin agricole local, cette plate-forme de 47 n'a probablement pas été retrouvée à ce jour.

Margut (47-9)

Construite à 1,6 km à l'est du centre de Margut, au bord nord de l'actuelle D 8043, au lieudit Le Bois d'Orville. Pas d'information fiable à ce jour.

En résumé

SF de Montmdy 2

Plates-formes de 65

Fresnois (65-1)

Ce 1er emplacement de 65 d'est en ouest est localisé à 200 m au sud du village de Fresnois (à 2,5 km au nord-est de Montmédy, même commune). Pas d'information connue à ce jour.

Montmédy (65-2)

Implantée à 1,3 km au nord-ouest de Fresnois et 2,2 km au nord de Montmédy centre, au lieudit Les Enfers, cette plate-forme de 65 a disparu sous un amas de cailloux des champs voisins.

Tonnelle (65-3)

Situé en pleins champs entre Thonnelle et Thonne-le-Thil, au lieudit La Praye, on ignore encore à peu près tout de cet emplacement de 65. À vérifier sur place.

Thonne-le-Thil (65-4)

Installée à 750 m au sud-ouest du centre de Thonne-le-Thil, au lieudit Le Muret, cette plate-forme de 65 ne semble pas avoir laissé de trace visible.

Signy-Montlibert (65-5 et 65-6)

Appartenant au groupe de plates-formes de 47 et 65 proches de l'entrée de l'ouvrage du Chênois, de ces deux emplacements de 65, distants de moins de 200 m l'un de l'autre, et situés à 600 m au sud de Montlibert, au lieudit La Vieille Voie, un seul a été retrouvé et dégagé. Il s'agit ici aussi d'une simple dalle de béton hérissée de quelques tiges d'acier filetées #19La disposition de ces tiges filetées semble correspondre plutôt à un affût crinoline de canon de 47 qu'à celui d'un 65..

65 5 Montlibert CJ Vermeulen

Ici aussi (v. Thonne-le-Thil, 47-¬6) l'emplacement 65-6 (65 ou 47 ?) se limite à une dalle de béton d'où émergent quelques tiges filetées. On peut supposer qu'il était quand même protégé par des moyens de fortune (CJ Vermeulen) – Wikimaginot).

En résumé

SF de Montmdy 2

 

Secteur fortifié de Montmédy (Sous-secteur de Mouzon)

 

Sailly (47-8)

Installée entre Malandry et Sailly, à 600 au sud-est de la ferme de la Tuilerie et à 1 km à l'est de celle de Blanchampagne, cette plate-forme de 47 attend encore d'être localisée et reconnue. Sailly est à 2,5 km au sud de Carignan.

Sailly (47-?)

Se trouve/se trouvait à 750 m au sud-sud-ouest du village de Sailly, à la cote 177 et à proximité de la chapelle Ste-Barbe. On ne sait rien de plus à ce jour.

Sailly (47-7)

C'est dans les mêmes parages, à 1,6 km au sud-ouest du village, au lieudit La Mouche, à l'un des angles nord-est du Bois de Sailly, qu'a été implantée cette plate-forme de 47.

Sailly (47-6)

Cet emplacement serait à trouver à 2 km à l'ouest du village de Sailly, à l'angle d'un petit bois, au nord-ouest du lieudit L'Epiée.

Euilly-et-Lombut (47-5)

Situé à 750 m au nord du village d'Euilly, au sud-ouest du lieudit Les Bauches. Aucun détail connu à ce jour. Euilly est à 3,5 km à l'ouest de Carignan.

Brévilly (47-4)

Installé à 300 m au sud-est du village de Brévilly (à 2,5 km au sud-est de Douzy), au lieudit Grand Fossé et à la cote 175, cet emplacement de 47 attend encore d'être reconnu mais il a probablement disparu.

Mairy (47-3)

Le village de Mairy est à 9 km à l'ouest de Carignan, 9 km au sud-est de Sedan centre. Sis à 1,7 km à l'est du village, sur la lisière sud d'un petit bois au lieudit Les Mapailles, cet emplacement de 47 attend également encore d'être reconnu.

Mairy (47-?)

L'emplacement de 47 sud à 800 m au sud du bourg, au lieudit Rablainchamp et au bord de l'actuelle D 964. Qu'en reste-t-il ?

Mairy (47-2)

Probablement destiné à battre la route de Douzy, le 47 de cet emplacement était installé à mi-pente sur une butte à une centaine de mètres à l'est du village. Qu'en reste-t-il ?

Mairy (47-1)

Le dernier des quatre 47 qui entouraient le village à l'est et au sud était placé à 700 m au sud du cœur du village, en bordure du ruisseau de La Petite Ville. Qu'en reste-t-il ?

47 1 Mairy Bing Sat WM

Sur cette vue de satellite non datée de l'emplacement 47-1 situé au sud de Mairy, la plate-forme circulaire se distingue nettement. Plus rien de tel n'apparaît sur Google Earth, l'emplacement ayant probablement été remblayé (Bing Sat – Wikimaginot).

Montmedy Mouzon

 * Les emplacements de 47 non numérotés ont probablement été installés dans un 2e temps alors que la numérotation était déjà arrêtée.

 

Secteur fortifié de Montmédy (Sous-secteur de Sedan)

 

Frénois (47-3)

Cette localité est aujourd'hui un quartier de Sedan. L'emplacement 47-3 est situé au sud-est de la localité, à env. 500 m à l'est des dernières maisons, au nord-est du lieudit Les Longs Boyaux. Qu'en reste-t-il ?

Frénois (47-2)

Situé au nord-est de la localité, à moins de 100 mètres des maisons les plus proches, cet emplacement 47-2 a probablement et définitivement disparu.

Frénois (47-1)

Cet emplacement de 47 (ou 65) se trouve (ou se trouvait) au nord de Frénois, à 500 m des dernières maisons et à 300 m au nord du château de Bellevue. Qu'en reste-t-il ?

En résumé

SF de Montmdy Sedan


Au-delà du SF de Montmédy vers l'ouest, le territoire est partagé en 1939 entre les 2e (Amiens) et 1ère (Lille) Régions militaires. Si la 2e Région a émargé à l'attribution de canons de marine il n'en était pas de même pour la 1ère. Sauf exception, on ne trouvera donc pas de plates-formes pour 47 ou 65 dans ce dernier secteur.

 


Sources

- Recherches sur le terrain.

- Wikimaginot (cartographie, photos et détails).

- Chefferie du Génie de Strasbourg – Secteur fortifié du Bas-Rhin. Répertoire des blockhaus, observatoires, abris et obstacles construits par les Régions. Strasb., 20 mars 1938.

- Pierre Maine-Lombard – Ceux du béton. Louvois Ed., 1957 (récit d'un dernier tir au canon de 47 vers la rive allemande depuis les parages de Drusenheim, autour du 18 juin 1940. Pages 100 à 109).

- Philippe Truttmann – La Muraille de France ou La Ligne Maginot. Klopp Ed., 1985 et éd. suivantes.

Remerciements

- Wikimaginot (cartographie, photos et détails)
- AALMA (fort de Schoenenbourg)
- Christophe Agry
- Marc Ammann
- Fabrice Briot
- Thierry Caland
- Félix Dimitric
- Robert Haag
- David Harmand
- Pascal Lambert (Président de l'assoc. Wikimaginot)
- Christian Lenhard
- Frédéric Lisch
- Gérard (✝) et Michel Mansuy
- Georges Marescaux
- Joël Muntzinger
- Alain Pérouffe
- Antoine Schoen
- Mathieu Stenger
- Richard Tucker
- Lia et Caspar Vermeulen.

 


 

FIN                                                  

 

 

 

 


 

 

RSS